Les PPNU regroupent les produits phytopharmaceutiques destinés à la protection des cultures mais qui ne sont plus utilisables pour les raisons suivantes :
Les PPNU sont classés à la rubrique des déchets industriels spéciaux (DIS) considérés comme dangereux, rubrique 15.01.10 de la liste des déchets « emballages contenant des résidus de substances dangereuses ou contaminés par de tels résidus ». Ainsi, il y a obligation pour l’exploitant agricole d’en assurer ou d’en faire assurer le traitement correct.
Pour mémoire, chaque producteur ou détenteur de déchets est responsable devant la loi de ses déchets et des conditions dans lesquelles ils sont collectés, transportés, éliminés ou recyclés (L. 541-2 et L. 541-3 du code de l’environnement).
Il est impératif de conserver les PPNU dans leur emballage d’origine à l’intérieur du local phytosanitaire en les isolant des autres produits. En cas de fuite, il faut emballer le PPNU dans un sac plastique étanche.
Pour participer la prochaine collecte gratuite des PPNU qui aura lieu au cours du premier semestre 2011, un formulaire de pré-inscription à la collecte doit être rempli par le détenteur et envoyé à la Chambre d’Agriculture avant le 31 décembre 2010. Ce formulaire est disponible auprès de la Chambre d’Agriculture, de la DAF et des principaux distributeurs de produits phytosanitaires.
Il est important, lors de l’achat d’un produit, de vérifier s’il figure sur la liste des retraits, et de s’assurer de pouvoir l’utiliser avant la date limite de mise en marché (consulter le site internet www.e-phy.agriculture.gouv.fr).
Toute culture prélève des éléments nutritifs (essentiellement de l’azote, du phosphore et du potassium) dans le sol, en fonction de ses besoins. Afin de satisfaire ceux-ci et de préserver la qualité du sol, l’agriculteur réalise la fumure de sa parcelle. Il a donc intérêt à apporter la dose correspondant aux exigences de la plante, de façon à ne pas dépenser trop d’argent en fertilisants et à préserver l’environnement.
Afin de permettre aux maraîchers de la Réunion de raisonner la fertilisation de leur culture de laitues, la Mission de Valorisation Agricole des Déchets (MVAD)
http://www.mvad-reunion.org, basée à la Chambre d’Agriculture, a réalisé un essai au champ, en 2003 et 2004. L’objectif de cet expérimentation est de comparer l’effet fertilisant de la fiente séchée de poule pondeuse, du fumier de bovin et de l’engrais minéral, sur une culture de salades.
Le site d’essai est localisé sur la commune de Saint-Denis, au lieu-dit La Bretagne. Il est divisé en 6 parcelles de 30 m2 chacune. Chaque type de fertilisation est répété sur deux parcelles d’essai.
Dans le cadre de cet essai, la fertilisation raisonnée implique de :

prélever des échantillons sol sur chaque parcelles, avant chaque cycle cultural. Ceux-ci sont alors envoyés à un laboratoire d’analyses de sols ; leurs résultats permettent de connaître les caractéristiques agronomiques du sol ;

connaître les besoins en éléments fertilisants de la culture ;

analyser un échantillon représentatif de la matière organique apportée à la culture, afin de déterminer sa valeur fertilisante ;

calculer les doses de fertilisants à apporter en fonction de la taille de la parcelle cultivée, des besoins de la culture et des caractéristiques agronomiques du sol et de la matière organique.
Lors des trois premiers cycles de production, la fertilisation du sol a été menée selon les pratiques « habituelles » de l’agriculteur.
A partir du quatrième cycle, la fertilisation a été réalisée de façon raisonnée. Ce mode de fertilisation implique de calculer les apports de fertilisants sur base de :

la culture en place

l’analyse agronomique du sol

l’analyse agronomique de la matière organique

la superficie de la parcelle
A. Fertilisation des parcelles d’essai
1. Besoins en éléments nutritifs de la culture de laitue
La laitue a besoin, par cycle cultural et par hectare, de 100 kg de N, 50 kg de P2O5, et 250 de K2O.
2. Caractéristiques agronomiques des fertilisants utilisés
- Fumier de bovin de 4,5 mois, de la Bretagne :
Composition (kg/t de fumier) : 6 d’azote (N), 2 de phosphore (P2O5) et 5 de potassium (K2O).

Fiente de poule pondeuse séchée, de Saint-André
Composition (kg/t de fiente) : 31 de N, 17 de P2O5 et 18 de K2O.
La composition de ces matières organiques correspond aux valeurs moyennes obtenues pour la Réunion (teneur en N, P2O5 et K2O : fumier de bovin : 6 / 2,2 / 6,5 et fiente séchée de poule pondeuse : 33 / 25 /19).
Les « coefficients d’équivalence engrais » du fumier de bovin s’élèvent à 0,1 pour N (CE - N) et 1 pour P2O5 et K2O. Ceux de la fiente séchée = 0,65 pour N et P2O5 et 1 pour K2O.
3. Fertilisation de la culture
Un exemple concret de calcul de la fertilisation, basé sur la satisfaction des besoins en azote de la plante et sur la composition agronomique du fumier de bovin, est présenté ci-dessous.
Calcul de la dose de fumier de bovin à apporter sur une parcelle de laitue de 30 m².
Besoins en azote de la plante : 100 Kg/ha et par cycle cultural.
CE - N du fumier = 0,1. Teneur en N du fumier = 6 kg N / t de produit brut.
Choix initial : la fertilisation organique couvre 50% des besoins de la plante en azote, soit 50 kg / ha / cycle, apportés en tant que fumure de fond. La fertilisation minérale est réalisée en cours de cycle, comme fumure d’entretien (engrais composé 15-12-24 sur les trois premiers cycles et 10-20-28S sur les suivants).
Pour apporter 50 kg de N / ha à la plante, il faut épandre 8 333 kg de fumier / ha (= (1000kg de fumier *50 kg N/ha) / 6 kg N), soit 25 kg de fumier / parcelle (= (8 333 kg fumier * 30 m²) / 10 000 m²).
Or, sur le terrain, il est difficile d’apporter de manière homogène une quantité aussi faible que 25 kg de fumier sur une superficie de 30 m². Dans le cadre de l’essai, nous avons augmenté la dose de fumier apporté. Les 55 kg de fumier / 30m2 correspondent à une fertilisation de 110 kg d’azote / ha.
Ceci est la quantité totale d’azote apportée à la plante. La plante recevra de manière « utile » une dose d’azote inférieure, soit 11 kg de N par ha (= quantité d’azote totale apportée multipliée par le CE - N du fumier, soit 110 * 0,1 = 11).
Fumure de fond
|
Mode de fertilisation
|
Fertilisant
|
N (kg/ha)
|
N utile
|
P2O5 (kg/ha)
|
P2O5 utile
|
K2O (kg/ha)
|
K2O utile
|
|
Agriculteur
|
Fumier de bovin
|
500
|
50
|
155
|
155
|
380
|
380
|
|
Fiente séchée de poule p.
|
800
|
520
|
660
|
429
|
560
|
560
|
|
Engrais minéral
|
375
|
375
|
300
|
300
|
600
|
600
|
|
Raisonné
|
Fumier de bovin
|
110
|
11
|
50
|
50
|
100
|
100
|
|
Fiente séchée de poule p.
|
180
|
120
|
90
|
59
|
100
|
100
|
|
Engrais minéral
|
50
|
50
|
25
|
25
|
125
|
125
|
Fumure d’entretien
|
Mode de fertilisation
|
Type de fertilisant
|
N (kg/ha)
|
P2O5 (kg/ha)
|
K2O (kg/ha)
|
|
Agriculteur
|
Engrais minéral
|
75
|
60
|
120
|
|
Raisonné
|
Engrais minéral
|
50
|
25
|
125
|
B. Résultats obtenus
1. Caractéristiques des laitues récoltées
Le poids moyen des salades varie peu selon le mode de fertilisation appliqué. Par contre, il baisse en cas de forte pluie.
Par ailleurs, les parcelles fertilisées avec les matières organiques donnent des salades de meilleure qualité (mieux pommées).
2. Qualités agronomiques du sol
La matière organique a un effet positif sur le sol. En effet, les résultats d’analyses montrent un effet bénéfique sur le pH, les teneurs en magnésium et calcium ainsi que la capacité d’échanges cationique du sol. De plus, par une amélioration de sa structure, il retient mieux l’eau, permet une meilleure circulation de l’air et est plus perméable aux racines. La dégradation de la matière organique dans le sol permet une libération et donc une mise à disposition progressive des éléments nutritifs (N, P et K) pour les racines de la plante.
3. Coût des intrants
La fertilisation raisonnée de la culture de laitue a permis de réduire la quantité d’intrants apportés à la culture (aussi bien organiques que minéraux) et de diminuer le coût de la fertilisation.
|
Fertilisant
|
Economie sur le coût des intrants
|
|
fiente séchée de poule pondeuse
|
60 %
|
|
fumier de bovin
|
75 %
|
|
Engrais minéral
|
73 %
|
Conclusion
Dans le cadre de cet essai, la fertilisation raisonnée de la culture de laitue a permis une diminution importante des doses de fertilisants apportées (fumier de bovin, fiente de poule pondeuse ou engrais minéral) par rapport aux pratiques initiales de l’agriculteur. Celui-ci a pu constater une réduction des coûts, sans altération des rendements. Par ailleurs, la fertilisation organique a eu un impact positif sur la qualité des salades.
L’avis de l’agriculteur sur l’essai de fertilisation
« La réduction de l’apport de fertilisant s’est traduite directement par une économie non négligeable du coût de la fertilisation.
J’ai été surpris de voir que le poids des salades est resté constant alors que la fertilisation a diminué. Je suis tout à fait convaincu de l’importance de la matière organique dans le sol, en maraîchage. En effet, j’ai remarqué que la fertilisation organique me permet de réduire le coût de la fumure et d’améliorer la structure de mon sol ».