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20. Restauration Collective


Une priorité pour le développement de notre agriculture

 

Aujourd’hui, la part des circuits courts, c’est-à-dire des produits locaux dans la restauration collective est trop faible. Pour les producteurs réunionnais, l’accessibilité aux marchés publics est un pari important qui vise à la fois la qualité des produits, la santé publique et la valorisation économique de notre territoire.

 
En 2006, le constat avait été fait que les agriculteurs locaux n’accédaient que très rarement au marché de la restauration collective et le syndicat CGPER avait attiré l’attention des autorités lors d’une distribution de fruits aux élèves de l’école primaire de Quartier-Français.
Dans le prolongement de cette action, le Département a fait de la restauration collective une priorité en organisant une première table ronde où il était apparu que l’agriculture réunionnaise et les gestionnaires de la restauration collective étaient deux mondes qui s’ignoraient alors même qu’ils avaient des intérêts communs :
 

  • la restauration collective est disposée à s’approvisionner toute l’année en produit de qualité et de manière régulière.
  • les agriculteurs réunionnais veulent développer leur production et avoir un écoulement. 

La restauration collective, au niveau des établissements publics réunionnais, représente plus de 170 000 repas par jour, se décomposant de la manière suivante : 

  • 110 lycées et collèges pour 44 000 repas par jour,
  • 4 hôpitaux pour 4 400 repas par jour,
  • 24 communes qui desservent les écoles primaires et maternelles pour 120 000 repas par jour,
  • 3 centres pénitenciers pour 1 200 repas par jour,
  • 2 centres universitaires pour 1 500 repas par jour.

Estimation des besoins annuels en restauration collective

 

 

Désignation

 

Quantité

Viande d’agneau ou cabri

100 tonnes

Viande de bœuf surgelée

85 t

Viande de porc

192 t

Volailles, canards, pintades surgelés

535 t

Poulets fumés

38 t

Charcuterie pur porc

100 t

Saucisses, boucané pur porc

207 t

Charcuterie 100 % volaille

55 t

Volailles, canards, pintades, dindes et lapins frais

320 t

Viande fraîche de porc

44 t

Viande fraîche de boeuf

30 t

Plateau de 30 oeufs

113 000 unités

Œufs liquides

82 t

Œufs durs écalés

594 000 u

Lait

115 000 litres

Yaourts frais

3 152 000 u

Miel (barquette 20 grs)

90 000 u

Sucre roux

30 t

Fruits et légumes

2 800 t

 
Le volume de la production locale commercialisée vers les collectivités reste pourtant très faible, hormis pour les œufs :
 

  • 5 % de la production de porcs (550 tonnes).
  • 10 % de la production de poulets (950 tonnes).
  • 2 % de la production de boeufs (36 tonnes).
  • 75 % de la production d’ovoproduits (oeufs durs et liquide).
  • 30 % du lait transformé à la Réunion.
  • 7 % de la production de fruits et légumes (480 tonnes). 

Malgré ces faibles pourcentages, il est à noter que toutes les collectivités souhaitent avoir le maximum de produits locaux (végétaux et produits carnés) pour la composition des différents menus à condition que les producteurs locaux s’adaptent aux règles des appels d’offres et respectent leur engagement au niveau du contrat d’approvisionnement en qualité, quantité et prix ; ce qui réclame une organisation sans faille de la part des producteurs locaux et un assouplissement du Code des Marchés Publics.


Un site internet 

 Afin de mettre en relation les gestionnaires de la restauration collective et les agriculteurs, la Chambre d’Agriculture, avec le soutien du Département et de l’Etat, va mettre en place, d’ici la fin de l’année, un site internet. L’objectif de cette plate-forme d’échanges sera de mettre en relation les producteurs locaux et les acheteurs publics afin de faciliter l’intégration de la production locale au niveau des différents appels d’offres.
Depuis 2007, il y a eu une prise de conscience et le travail commence à porter ses fruits. Pour exemple, le Groupement de Commande de Denrées Alimentaires (GCDALA) du Lycée Antoine de Saint-Exupéry, aux Avirons, qui confectionne chaque jour plus de 45 000 repas pour les lycées et écoles a augmenté sa commande vis-à-vis de la production locale en fruits, légumes et produits carnés :

- 1 547 700 euros en 2009

- 1 767 700 euros en 2010

- 1 808 110 euros en 2011

Ces efforts doivent être poursuivis. Les planteurs et éleveurs de la Réunion se sont regroupés et investissent pour proposer une large gamme de produits de 4e gamme qui vont de l’ananas en tranche au lapin désossé. Ces exemples montrent que l’agriculture réunionnaise possède une capacité d’adaptation qui ne demande qu’à satisfaire le marché local.
La filière fruits et légumes, considérée comme la moins organisée, est aujourd’hui dans une dynamique de regroupement et en capacité de répondre aux attentes de la restauration collective.
Le travail engagé doit être étendu et faire l’objet d’une appropriation par l’ensemble des acteurs économiques et politiques du département. Une volonté politique permettrait, demain, de couvrir 40 % de ces besoins et favoriserait l’installation de plus de 500 familles d’agriculteurs.
Cet objectif va dans le sens des conclusions des Etats Généraux pour l’outre-mer, à savoir :
 

  • Accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics et accompagnement à l’export.
  •  Accroissement de la part de la production locale dans la consommation locale de produits agricoles. 

Le 31 août 2010, le Préfet de la Réunion a installé « un conseil supérieur de la commande public », présidé par Margie Sudre.
La Chambre d’Agriculture demande que ce groupe de travail qui a, l’année dernière, axé ses efforts sur le bâtiment compte tenu de la crise subie par ce secteur, voit ses compétences étendues au marché de la restauration collective en devenant une instance de concertation et de décisions. Cette instance devrait regrouper les agriculteurs, les gestionnaires de la restauration collective, le commissaire au développement endogène, sous l’autorité de l’Etat et du Conseil Général qui a bien compris l’importance de ce dossier.

 

Dossier réalisé
par Hervé Cailleaux et Eric Soundrom

 




19. Fortes Pluie


Les pertes sont conséquentes


Ce sont plusieurs cycles de production perdus pour Richemont Técher et ses collègues maraîchers (photo JS)

Après les effets désastreux de la sécheresse, l’agriculture réunionnaise a subi de plein fouet l’assaut de pluies intenses tout aussi destructrices, fin janvier. La Chambre d’Agriculture a estimé les pertes à 6,5 millions d’euros.
Il a plu 950 mm à Piton Fougères et entre 300 à 400 mm dans les Bas de Sainte-Marie et dans le secteur de Gillot, ce qui est tout à fait inhabituel. Rapidement mobilisés, les services de la Chambre d’Agriculture ont ainsi estimé à 6,5 millions d’euros les pertes agricoles à la suite de ces pluies dévastatrices.
Pour le maraîchage plein champ, les pertes sont évaluées dans l’Ouest, le Nord et l’Est à 363 ha sinistrés. « Les salades, brèdes et épices sont des cultures très fragiles et nous sommes à 95 % de pertes », note Fabrice Robert, élu de la Chambre d’Agriculture et président de l’association des maraîchers du Nord. Richemont Técher, maraîcher à Belle Vue (Hauts de Saint-Denis), comme ses collègues, constate amèrement : « Entre la sécheresse et les pluies, on a perdu au moins 3 cycles de production ». Soit plusieurs milliers d’euros qui ne rentreront pas dans les caisses de chaque producteur.

Les longanis ont éclaté sous l’effet des fortes pluies (photo JS)

Pour la filière canne, la Chambre d’Agriculture estime à 175 hectares fraichement replantés affectés par les pluies ; environ 20 % des surfaces qui venaient d’être replantées. Et ces parcelles devront faire l’objet d’une nouvelle replantation, sans tarder. Sans oublier les nombreuses parcelles qui ont été ravinées comme cela a été le cas sur le secteur du Portail, à Piton Saint-Leu. Emmanuel Pajaniaye et nombreux de ses collègues ont vu de bonnes parties de leurs parcelles disparaitrent sous la boue et les roches. La route des Tamarins et ses aménagements annexes ne sont pas étrangers à ce ravinement…
Au niveau de l’horticulture, ce sont 21 ha de productions plein champ qui sont considérés comme perdus. Et ce sont 220 km de chemins d’exploitation qui ont été sérieusement endommagés. « Il faut sans tarder engager les fonds et les travaux de réparation pour permettre aux planteurs d’entretenir leurs champs en prévision de la prochaine campagne », prévient Jean-Yves Minatchy.




19. Campagne Sucrière


Sainte Rose en l’air

Les résultats intermédiaires de la campagne 2011 sont plutôt encourageants, exception faite pour les planteurs du Sud, en zone non irriguée, qui paient toujours la note « sécheresse ».

  • Record en vue à Sainte-Rose. Sur le bassin cannier de Sainte-Rose, la production de cannes est exceptionnelle, cette année. Le constat fait par Jean-Yves Minatchy, le président de la Chambre d’Agriculture trouve écho dans les chiffres : « D’après les planteurs, ce sont 140 000 – 150 000 tonnes qui seront livrées à la balance de Ravine Glissante. Le record historique de 100 000 t de 1999 sera largement battu ! »

Sur des parcelles qui donnent habituellement 120 à 130 t/ha, les producteurs atteignent, lors de cette campagne 2011, des rendements de 150 t/ha, voire autour des 200 t/ha, dans certains cas. Johnny Payet, jeune planteur du secteur, a même enregistré 140 t/ha sur un demi-hectare d’une parcelle !
« Le secteur de Sainte-Rose - qui compte quelque 120 planteurs de cannes - n’a pas été touché par la dernière grande sécheresse et cette progression était attendue », ajoute Jean-Yves Minatchy. « Nous l’avions annoncé à Tereos lors d’une commission mixte d’usine, avant le démarrage de la campagne. Nous avions demandé que le taux d’apport sur la plate-forme de Ravine-Glissante soit révisé à la hausse. Aucune canne ne doit rester au champ ».

  • Hausses dans l’Ouest. « Sur la balance de Stella, on devrait passer de 93 000 t à 114 000 tonnes ; sur le Grand Pourpier, on va passer de 45 000 t à 50 000 et sur Tamarins, le tonnage devrait également augmenter d’environ 20 % », indique Jean-Yves Minatchy. L’activité lors de cette campagne 2011 s’annonce donc satisfaisante dans la région Ouest. Là aussi, les planteurs ont demandé une révision à la hausse des quotas d’apport pour pouvoir terminer leur récolte dans les temps.
     
  • Le Sud en retard. Malgré des rendements de 170 – 200 t/ha, enregistrés sur des parcelles irriguées, situées en basse altitude où l’ensoleillement est bon ainsi que la valeur agronomique du sol, le tonnage est globalement en retard, dans le Sud, par rapport à l’an dernier, que ce soit sur les centres de réception de Langevin, Grands Bois, Casernes ou encore Le Gol.

La période de sécheresse est en cause et des pertes étaient prévisibles (estimées à environ 30 % avant campagne). « Les planteurs de Petite-Ile sont particulièrement touchés », constate Jean-Bernard Maratchia, producteur à Saint-Pierre et élu de la Chambre d’Agriculture. « Il faut prendre en compte également le démarrage tardif de la campagne dans le Sud et quelques petites pannes de l’usine. On fera le compte à la fin de la coupe ».

  • Richesse mitigée. Au niveau de la richesse, les chiffres enregistrés jusqu’à maintenant avoisinent ceux de l’an dernier. Une hausse est constatée sur le bassin de Beaufonds ; en revanche, la richesse est en baisse sur le bassin de Bois Rouge et surtout à Savanna, avec même une perte de près d’un point sur le centre de réception de Tamarins.

Dans le Sud, la richesse se maintient par rapport à l’an dernier, mais reste bien en deçà de la moyenne décennale. « Certains ont quand même atteint des richesses de 15 au mois d’octobre », indique Jean-Bernard Maratchia. « C’est excellent pour eux ».

Réception par bassins canniers (à la date du 15 octobre) :

 

  2010 2011
  TONNAGE RICHESSE TONNAGE RICHESSE
         
Beaufonds 357 613 t 13,49 355 560 t 13,80
Bois Rouge 250 077 t 12,43 256 254 t 12,31
Savanna 133 611 t 13,68 135 527 t 12,93
Le Gol 263 582 t 13,68 252 831 t 13,70
Grands Bois 198 526 t 13,33 187 575 t 13,25
         
Total île 1 203 409 t 13,31 1 187 746 t 13,27



19. Le marché des producteurs pei une réponse à la crise ?


L’association génération imaginons la Réunion (AGIR) organise ce samedi 18 mai, un marché des producteurs pei sur la commune des Avirons.

La commune des Avirons est l’une des nombreuses communes n’ayant jamais organisé le moindre marché forain. Marché permettant aux habitants d’une ville, d’un territoire de pouvoir acheter directement aux producteurs des produits locaux, frais et bien moins chers qu’aux supermarchés.

Certaines communes n’ont apparemment pas la volonté de structurer un marché simple ouvert à tous les producteurs. Le cas le plus frappant est celui des Avirons, commune rurale, c’est un bassin de plus de 10 000 habitants et pourtant pas de marché. Les Avironnais doivent donc se fournir au supermarché le plus proche en fruits et légumes.

AGIR trouve cette situation aberrante. Dans une commune où l’on compte de nombreux agriculteurs, qui manque cruellement de services de proximité, qui est l’une des plus touchée par le chômage, dont la population est l’une des plus concernée par la baisse du pouvoir d’achat, et qui possède peu voire pas de lieu d’échange ; organiser un marché était donc une évidence. Au lieu d’attendre, l’association AGIR, fidèle à son crédo (parler moins, agir plus), a organisé avec des bénévoles ce premier marché.

Un marché fournit aux agriculteurs et aux producteurs un complément de revenu légal. Il permet à la population de s’approvisionner en produits frais et d’origine sure tout en offrant un lieu de rencontre et de convivialité. Car un marché c’est un créateur de lien social, ce lien qui se délite au fil des années, que tout le monde recherche et espère.

Le marché des producteurs est ouvert à tous les agriculteurs et producteurs pei. Les places pour les agriculteurs et forains sont gratuites, il suffit de s’inscrire auprès de l’association. Ce marché se situera dans le lotissement Bassin bleu sur un terrain privé car la municipalité actuelle n’a pour l’instant pas souhaité nous offrir une place publique.

En revanche nous avons pu compter sur le soutien de la chambre d’agriculture et l’association des marchés des producteurs pays. Ce marché a pour vocation de se pérenniser tous les 2ème samedi de chaque mois, nous vous attendons donc tous nombreux pour cette première.

Source :




18. Techni’Canne rassemble 400 planteurs


CANNE A SUCRE
Techni’Canne rassemble 400 planteurs

 

Conférences, exposition et démonstrations de matériels, informations techniques et administratives et participation massive des planteurs… le succès a été au rendez-vous du 1er Techni’Canne.
Désormais, la Réunion a sa manifestation spécialement dédiée à la canne à sucre. A la veille du démarrage de la campagne sucrière 2010, la Chambre d’Agriculture a organisé Techni’Canne sur le site historique de l’ancienne usine de Vue Belle, à la Saline les Hauts, et dans une région porteuse d’avenir pour la filière canne. A terme, ce sont effectivement 7 150 ha qui seront concernés par le basculement des eaux dans la région Ouest. L’irrigation, facteur de production, a donc été au centre des débats de ce Techni’Canne, tout comme la mécanisation, avec des démonstrations de coupeuses, ou encore, dans le domaine de la gestion de l’exploitation, les aspects fiscaux du passage au « réel ». Il a été question également de sécurité professionnelle et routière pour les engins agricoles en période de coupe.

Pour le succès de ce 1er Techni’Canne, la Chambre d’Agriculture a pu compter sur le précieux concours de la ville de Saint-Paul, et des partenaires de la filière comme le Syndicat des Fabricants de Sucre, Ercanne, l’ASP, la SAPHIR, Albo Irrigation, la CANE, la Coopérative des Avirons, le Cirad ainsi que la Maison familiale rurale de l’Ouest et le muséeum Stella Matutina.

Quizz sur l’eau : les gagnants
Dans le cadre de Techni’Canne, le service Irrigation de la Chambre d’Agriculture a organisé un quizz auquel ont participé de nombreux planteurs. 50 % des bulletins déposés contenaient les bonnes réponses et les lauréats ont gagné les lots généreusement offerts par les fournisseurs Albo Irrigation (2 rouleaux de goutteurs + divers raccords cannelés ; 1 cuve graduée pour solution fertilisante ; 1 programmateur d’irrigation), la SAPHIR (3 rouleaux de PEHD 32 + kit d’asperseurs) et la Coopérative des Avirons (1 rouleau de goutteurs).
Les gagnants : Reine Claude Diganamasso (Ligne Paradis Saint Pierre) ; Marie Charlette Ellama (Piton Saint Leu) ; Marcelot Taraconat (Guillaume Saint Paul) ; Brigitte Lan-Leung (Saint Gilles les Bains) ; Wilson Nany Andiapin (Saline les Hauts) ; Henri Claude Agathe (Bois Rouge Saint Paul).




18. Sécheresse



L’Océan Indien et l’Ile de la Réunion connaissent actuellement une période de forte sècheresse avec des conséquences désastreuses pour le secteur agricole.

Dans son dernier bulletin, l’Office de l’Eau mentionnait ’’ un déficit statique de – 23 % par rapport à la normale 1971-2000. Les secteurs Ouest,Sud et Sud-Est sont marqués par 3 mois de déficits consécutifs ( -50% à -25% en fonction des mois considérés). Le manque d’eau est surtout sensible sur le Sud-Ouest (-70% à SAINT-LEU),le cirque de Cilaos (-70%) ainsi que sur le Sud sauvage (-60% en moyenne à SAINT-JOSEPH .

Les précipitations du mois de novembre 2010 restent déficitaires de -50% en moyenne par rapport à la normale saisonnière. Les déficits s’observent surtout dans le Sud où de nombreux postes ont recueilli moins de 5 mm d’eau durant ce mois (-98% à Pont-Mathurin et aux Avirons, -96% à Ligne Paradis, -92% à Saint-Joseph).


Cette situation a d’importantes répercussions sur l’agriculture réunionnaise.

CANNE A SUCRE

La campagne sucrière 2010 , les planteurs de canne ont fait l’épandage de leur engrais azoté dès la récolte de la parcelle en septembre, octobre, novembre et décembre.
Faute de pluie, l’engrais s’est évaporé, en particulier l’azote et n’a pu profiter à la canne à sucre, faisant craindre une mauvaise campagne 2011.

Faute de trésorerie suffisante après une récolte 2010 en diminution par rapport à 2009, les planteurs sont dans l’impasse et n’ont plus les moyens d’apporter un engrais azoté.
Près de 7500 Ha de cannes sont concernés par cette sècheresse (Saint-Paul – Saint-Philippe) tant sur les zones irriguées que non irriguées.

Sur les zones non irriguées , les dégâts sont d’ores et déjà visibles sur des jeunes cannes qui se dessèchent et des bourgeons spiralées preuve d’un manque d’eau.

Sur les zones irriguées, les planteurs ont dû irriguer davantage lorsqu’ils n’ont pas été concernés par des coupures d’eau d’irrigation en particulier à SAINT-PIERRE et SAINT-PAUL .

Par ailleurs, les replantations de canne sont aujourd’hui perdus avec des boutures totalement sèches dans le Sud.

ARBORICULTURE FRUITIERE

AGRUMES : 150 à 200 hectares affectés essentiellement sur PETITE-ILE et SAINT-PIERRE (au dessus de 200 m). Les arbres qui sont actuellement en fructification perdent leur jeune fruit et les pertes sont estimées à 25 à 30 % ;

ANANAS  : le même secteur est concerné soit environ 50 ha en particulier sur la zone de Bérive, Grand Tampon et Mont-Vert. Faute d’eau, les pieds d’ananas ne peuvent tenir les fruits qui ’’ se cassent’’ alors qu’ils ne sont pas à maturité.
BANANES entre 50 et 60 ha secteur de Saint-Joseph notamment les parcelles de la Rivière Langevin, les régimes se cassent avant maturité.

Sur la région de SAINT-JOSEPH et SAINT PHILIPPE des parcelles de Palmistes sont affectés et les choux de palmiers risquent de perdre leur qualité gustative.

MARAICHAGE

Zone concernée : Sud, Ouest et SALAZIE.

Les parcelles de maraîchage en plein champ sont perdus faute de pluies et les agriculteurs n’ont plus fait de semis ce qui pourrait laisser augurer une diminution de la production dans les prochains mois.

Concernant le maraîchage hors sol , les producteurs s’alarment des conséquences des coupures d’eau par les fermiers avec des conséquences immédiates sur le cycle en cours et à venir.

ELEVAGE

Zone concernée : Plaine des Cafres, hauts du Sud et de l’Ouest.

Les éleveurs après avoir subit une augmentation substantielle du prix de l’aliment concentré en 2008,une surproduction en 2009 et une mévente liée à la crise et une baisse de la consommation, ils doivent faire face à une forte diminution de leur production fourragère ( - 35% depuis le mois de septembre).Des parcelles où l’on pouvaient produire 90 balles rondes fournissent actuellement 37 balles rondes.

L’inquiétude est grande quand on sait qu’à partir du mois de novembre les éleveurs doivent constituer leurs stocks fourragers pour la période hivernale.

Les éleveurs ne peuvent substituer le fourrage par des aliments concentrés sous peine de voir le développement de maladies intestinales (acidose,métrites,...).

Par ailleurs,les éleveurs qui font l’acquisition de bagasse pour la période de sècheresse puisent actuellement dans leur stock ce qui augure un hiver difficile dans les étables.

MESURE D’URGENCE

- Suppression des tranches pour l’eau à usage agricole.

Compte tenu du caractère exceptionnel de la sècheresse et de l’obligation de recourir à l’irrigation , la Chambre d’Agriculture demande qu’ exceptionnellement pour le dernier trimestre 2010 , les fermiers (VEOLIA, CISE,SAPHIR...) maintienne un prix de base de l’eau sans tranche supplémentaire.

- Aide exceptionnelle pour l’acquisition d’engrais azotés.

La Chambre d’Agriculture propose une aide exceptionnelle du Département pour le financement de 300 Kg d’azote /ha pour les planteurs de canne, les éleveurs et les producteurs de fruits et légumes en plein champ des régions concernées.

- Versement des 25% de la recette bagasse et de l’aide à la production pour les planteurs de canne.
Un versement anticipé de l’aide à la production et de la recette bagasse permettra aux planteurs d’apporter un nouvel amendement azoté dans leur parcelle.
L’heure doit être à la mobilisation générale pour ne pas compromettre le nouvel élan de la filière.

- Versement d’une aide à l’acquisition de fourrages.

La Chambre d’agriculture propose une aide exceptionnelle du Département à l’acquisition de fourrages secs importés, pour les élevages concernés. La base de la demande pourrait être, 1,5 tonne de fourrage sec par vache( et renouvellement) , et 150 kg pour une chèvre ou une brebis. (Pour info : Au niveau du coût, il faut compter 0,25 à 0,30 euro du Kg de fourrage ).

- Acquisition de réservoirs pour les serristes et éleveurs.

Afin de prévenir toute interruption d’eau par les fermiers, la chambre d’agriculture demande le financement de réservoirs pour les serristes et éleveurs .Ces réservoirs pourraient constituer un stock lors des coupures d’eau et permettre une poursuite minimal de l’activité agricole.

SOUTIEN AUX AGRICULTEURS

- Etude sur le dossier de déclaration de catastrophe naturelle sur le Département de la Réunion.

Compte tenu des éléments actuels et des prévisions de Météo France sur les 3 prochains mois qui privilégie le scénario d’un temps sec pour les trois mois à venir, une bonne partie de l’Ile doit être classé en zone de catastrophe naturelle.

- Revenu complémentaires pour les petites et moyennes exploitations

La filière canne, les éleveurs de ruminants, les producteurs de fruits et légumes sont affectés par cette sècheresse qui s’annonce catastrophique pour le revenu des agriculteurs avec une diminution de leur chiffre d’affaire lié à une diminution de leur production et / ou une dégradation de la qualité de leur produit .

Au vu de ces éléments, la Chambre d’agriculture demande l’instauration d’un revenu complémentaire pour les petites exploitations agricoles pour que les agriculteurs puissent continuer à faire vivre leur famille et sauver leur exploitation. Ce revenu complémentaire doit intervenir au plus vite pour éviter la disparition des exploitations les plus fragiles.




18. Recensement Agricole


Le nouveau visage de l’agriculture réunionnaise

Les premiers résultats du recensement agricole 2010 viennent d’être publiés. Et les chiffres sont plutôt bons pour la Réunion…

La SAU se stabilise. Malgré la pression de l’urbanisation, la surface agricole utilisée (SAU) se stabilise, avec 42 813 ha grâce notamment à la politique foncière active qui est menée. En 10 ans, la perte de la SAU est de 2 % (une baisse moyenne de 88 ha par an), à la Réunion, alors qu’elle est de 22 % aux Antilles.


Au cours de la décennie précédente, la baisse moyenne était de 654 ha par an.


L’emploi se maintient aussi. L’agriculture contribue à l’emploi de 15 700 personnes, soit 7 % de la population active. Elle est aussi à l’origine de l’essor de l’industrie agroalimentaire, premier secteur industriel de l’île. De 2000 à 2010, la baisse du nombre d’unités de travail annuel (UTA) n’est ainsi que de 4,5 %, alors qu’elle est de 21 % en métropole.


Les chefs d’exploitation constituent la principale composante des emplois agricoles. 16 % sont désormais des femmes, alors qu’elles n’étaient que 13 %, en 2000.

La surface des exploitations augmente. Depuis 2000, les exploitations se sont agrandies. La surface moyenne des exploitations est passée de 5 ha à 5,8 ha.
Les moyennes et grandes exploitations représentent désormais la moitié des exploitations de l’île.


La canne, un pilier solide. La canne à sucre occupe 57 % de la surface agricole et constitue le piler de l’agro-industrie réunionnaise. La surface en canne se maintient bien depuis une décennie, avec plus de 24 000 ha et 3 470 exploitations productrices.


Les cultures fruitières et légumières progressent sensiblement. Elles représentent 4 750 ha, contre 4 250 ha en 2000, soit une progression de 12 % en 10 ans. Les surfaces fourragères dédiées à l’élevage progressent également.


Professionnalisation et formation. Depuis le dernier recensement agricole (en 2000), l’agriculture réunionnaise s’est professionnalisée. Elle a su adapter ses pratiques aux nouveaux enjeux de notre société en matière d’environnement, de santé, de qualité de l’alimentation, d’emploi, d’aménagement du territoire…


Les agriculteurs sont de mieux en mieux formés. 19 % des chefs d’exploitation ont un niveau de formation agricole secondaire ou supérieur, alors qu’ils n’étaient que 14 %, en 2000.
 




17. Sur une exploitation de la Bretagne


Visite pédagogique au milieu des salades


Fabrice Robert montre aux écoliers les différentes variétés de salades, sous la forme
d’un jeu (photo JS)
.

 

Fabrice Robert a invité des élèves de CM2 sur son exploitation de la Bretagne pour leur faire découvrir le métier d’agriculteur et les encourager à manger « bien ».

 

Fabrice Robert est agriculteur, élu de la Chambre d’Agriculture, président du syndicat des maraîchers du Nord et aussi … parent d’élève. A ce titre, il est toujours ravi d’accueillir des jeunes sur son exploitation. En cette fin d’année scolaire, il a invité deux classes de CM 2 de l’école Maxime Lahope, établissement scolaire du quartier où se trouve également ses 1,3 ha de cultures. Il s’est occupé de tout. Même de réserver les deux bus qui ont acheminé les 50 marmailles jusqu’à son exploitation.

« Je fais plusieurs variétés de salades d’hiver », explique-t-il aux enfants. « De la batavia, de la chicorée, de la feuille de chêne et de la reine des glaces ».
Sur l’exploitation, on trouve également des brèdes, du pourpier et plusieurs plantes aromatiques comme l’aneth, le thym, la menthe…
L’agriculteur s’est transformé en pédagogue pour proposer un jeu aux écoliers. Les jeunes devaient reconnaître les différentes variétés de salades et les aromates, en sentant et dégustant les différents produits. Puis en les emmenant faire le tour de son exploitation, Fabrice Robert explique la préparation des semences, leur mise en terre, la germination, la maturation et enfin la récolte. Les questions fusent alors de la bouche des marmailles : « Est-ce que les salades repoussent toutes seules ? » … « Est-ce qu’il y a beaucoup d’insectes qui attaquent les plantes que vous cultivez ? » …
Fabrice Robert explique aussi aux enfants que l’utilisation des produits chimiques est très réglementée et que, d’une façon générale, les agriculteurs sont très attentifs à cultiver des produits « propres ».
« Quand ces enfants vont manger une salade ou des brèdes, ils sauront comment cela a été planté, comment cela a poussé et été récolté avant de se retrouver dans leur assiette et quel savoir-faire il faut pour produire une belle salade », ajoute Fabrice Robert.


Les marmailles de l’école Maxime Lahope à la Bretagne. (Photo JS)

Puis l’agriculteur se transforme cette fois en nutritionniste. Il explique les valeurs nutritionnelles de ses cultures, leur richesse en omega 3, en oligoéléments… Frédéric Amany, technicien de la Chambre d’Agriculture, est là aussi. La discussion entre les adultes et les marmailles porte également sur l’importance et les enjeux du métier d’agriculteur : « Dans 20 ans, il y aura 1 million d’habitants à la Réunion. Il faudra toujours des agriculteurs pour nourrir cette population. Il faudra préserver les terres agricoles. Sans agriculture, un pays se meurt car on ne peut pas consommer que des produits d’importation ».
La visite se termine avec des visages enchantés. Mais elle ne sera pas sans suite. Les écoliers de CM 2 vont raconter aux autres classes de leur école ce qu’ils ont vu et appris sur l’exploitation de Fabrice Robert. Puis dans quelques mois, ce sera vraisemblablement des classes d’un autre établissement scolaire qui viendront apprendre comment pousse une salade…

Hervé Cailleaux.
 




16. Collecte des EVPP


Près de 3 tonnes « récoltées »

La collecte gratuite d’Emballages Vides de Produits Phytosanitaires organisée au mois de juin par la Chambre d’Agriculture, avec l’ADIVALOR, société chargée des opérations de collecte de l’agro-fourniture au niveau national, s’est soldée par la « prise » de 2 880 kg de bidons à recycler.
Ce sont pas moins de 388 agriculteurs qui ont pris part à cette collecte EVPP 2010. Ils n’avaient été que 130 lors de la première opération de ce type organisée en 2008.
Selon les services de la Chambre d’Agriculture, c’est ainsi 10 % du gisement d’EVPP produit annuellement à la Réunion qui a ainsi été récupéré dans le cadre de cette collecte. Ces bidons reclassés en DIB (déchets industriels banals) – à condition d’être bien nettoyés - ne pouvant être actuellement recyclé localement. Ils ont donc été expédiés, par la société Cycléa, vers des usines de recyclage en Asie
Les bouchons, considérés comme des DIS (déchets industriels spéciaux) ont été regroupés à part avant d’être conditionnés et expédiés par la société STARDIS en métropole pour incinération.
L’objectif affiché par la Chambre d’Agriculture est de pérenniser ces opérations de collecte EVPP.




15. Cyclone Gamède : un effet dévasteur évalué à 55 millions d’euros


Le cyclone Gamède a durement frappé l’agriculture réunionnaise. « Un an après Diwa, les agriculteurs réunionnais ont à nouveau été cruellement touché par un cyclone. Avec des rafales de vent d’environ 150 km/h sur le littoral et 200 sur les hauteurs, des pluies très abondantes pendant 72 heures, des récoltes ont été détruites à 100% sur l’ensemble du département, des élevages ont été décimés et des centaines chemins d’exploitation détruits. C’est un véritable désastre pour les petites et moyennes exploitations ». Face à constat dramatique, Jean-Yves Minatchy, le président de la Chambre d’Agriculture, remercie le ministre de l’Outre-Mer, François Baroin, d’avoir rapidement décrété l’état de catastrophe naturelle qui permettra aux agriculteurs sinistrés d’être indemnisés.

Les services de la Chambre d’Agriculture n’ont d’ailleurs pas tardé pour dresser une première estimation des dégâts, chiffrés à quelque 55 millions d’euros, au total, pertes de récolte et pertes de fond confondues.

Ce sont les cultures maraîchères en plein champ qui ont payé le plus lourd tribut du passage de Gamède. Que ce soit à la Bretagne, à Dos d’Ane, au Tampon – les plus gros secteurs de production maraîchère – mais aussi dans bien d’autres secteurs, les parcelles de salades, de tomates, de brèdes, de piments… ont été anéanties. « C’est un cycle de production, voire deux, qui sont perdus, soit au minimum trois mois sans ressources pour ces agriculteurs », souligne Jean-Yves Minatchy. Plus d’un millier de maraîchers ont ainsi subi des pertes de récolte à 100%. Le géranium, les fleurs coupées tout comme les cultures sous serres ont également fortement souffert. Quant à la canne, elle a été sévèrement couchée par endroit. Au niveau de l’arboriculture, les dégâts constatés se chiffrent lourdement ; sur les bananeraies, en premier lieu. Pour les arbres fruitiers qui ne sont pas encore en période de production, l’ampleur des pertes ne pourra être estimée qu’au moment de la récolte. Les parcelles d’ananas ont également été mises à mal. Nombre de producteurs estiment avoir tout perdu : l’engrais, le plastique, les plants…

Des élevages décimés
Autres professionnels à avoir été durement frappés par le cyclone Gamède : « les éleveurs ont vu leurs prairies saccagées et anéanties sous 2 à 3 mètres d’eau », explique Jean-Yves Minatchy. « Nombre d’entre eux n’ont pu nourrir leurs animaux pendant plusieurs jours du fait de la destruction de leur stock d’aliments et de l’impossibilité, pour les provendiers, d’aller réapprovisionner les élevages. Avec l’affaissement inattendu du pont de la rivière Saint-Etienne, celui de la route de Grand-Ilet ou la coupure de celle de Cilaos, des élevages se sont retrouvé complètement enclavés, notamment dans le Nord, l’Est et le Sud. Impossibilité de nourrir les animaux, impossibilité de livrer aux abattoirs, impossibilité de traire les vaches laitières à cause des coupures de courant ou d’effectuer la collecte de lait… C’est toute la chaîne de production animale qui a été grandement perturbée.

Or, si les porcs peuvent rester une journée sans manger, il n’en va pas de même pour les volailles, par exemple, qui ont besoin de leur ration quotidienne. Ainsi, de nombreux animaux sont morts. 6 à 7 000 poulets n’ont pas résisté au cyclone dévastateur. La SICA Révia a recensé, de son côté, quelque 450 bovins décédés. Les lapins, animaux ne supportant pas le stress et les conditions pluvieuses, ont également très mal vécu le passage de Gamède. Guy Maillot, éleveur à Grand-Ilet, a eu le malheur de voir le toit de son bâtiment d’élevage s’envoler sous l’effet des rafales de vent. Ses lapins ont attrapé le « cap-cap » et l’exploitant a perdu en un week-end pas moins d’un millier d’animaux. Guy Maillot livrait, chaque mois, 700 à 800 lapins à la coopérative. Il n’est plus en mesure de tenir ses quotas et doit repartir de zéro. Ce qui veut dire des revenus lourdement amputés pendant plusieurs mois.

5 000 euros, 15 000 euros, voire 20 000 de pertes sèches pour certains agriculteurs. Le bilan est lourd, très lourd. Et pourtant, sans tarder, il faut dégager et réparer les chemins d’accès aux exploitations, remettre les cultures en place… Et tout cela souvent sans main d’œuvre car la trésorerie des exploitations – déjà mise à mal par Diwa, il y a tout juste un an - ne le permet pas. Dans ces situations extrêmes, la solidarité entre agriculteurs doit jouer. Des milliers d’agriculteurs sont aujourd’hui dans une situation désespérée. « Maintenant, il faut aller vite et passer rapidement aux actes », soulève Jean-Yves Minatchy. « Nous allons tout mettre en œuvre pour que les fonds d’indemnisations soient débloqués dans les meilleurs délais, et en tout cas bien plus vite qu’en 2006, après le cyclone Diwa, où les producteurs avaient dû attendre près de neuf mois avant d’être indemnisés ». Un délai beaucoup trop long pour des agriculteurs sinistrés qui doivent remettre en marche leur outil de travail, sans attendre, pour continuer à vivre.

Jackson Moutanin (planteur à Saint-André) :
« La canne a souffert dans les Hauts »
Installé à 800 m d’altitude sur le secteur de Dioré, Jackson Moutanin a enregistré de gros dégâts sur ses parcelles de cannes : « Le vent a soufflé fort sur les Hauts et mes cannes ont été littéralement couchées, cassées. Ce cyclone est une catastrophe, bien plus que Dina et Diwa. J’estime mes pertes à 40 – 50%. Mais, le bilan ne pourra être véritablement fait qu’en fin d’année. A ce moment là, il faudra évaluer les pertes au cas par cas et non pas globalement, car les champs de cannes dans les Hauts ont beaucoup plus souffert. Avant le cyclone, mon champ était bien propre. Maintenant, il y a tout à refaire. Et nous devons bénéficier sans tarder de bons pour acheter de l’engrais nécessaire pour relancer la végétation, voire du désherbant pour se débarrasser des mauvaises herbes qui risquent de repousser ».

Axel Bègue (éleveur à la Plaine-des-Cafres) :
« Des animaux morts, disparus et malades »
A la tête d’un cheptel de 280 bêtes, Axel Bègue a constaté amèrement le décès de plusieurs de ses animaux : « J’ai perdu une vache et une dizaine de broutards selon les premières estimations faites et 4 bêtes ont disparu. Mes animaux sont restés 4 jours sans manger. Je dois les ré alimenter progressivement pour éviter les diarrhées. Mon stock de foin a été totalement mouillé et il est inutilisable. Les prairies ont été inondées. Elles sont foutues, ce n’est plus que de la boue et il faut de l’engrais pour faire repartir la végétation. De plus, beaucoup de mes animaux ont les pattes gonflées et nécessitent des soins. Alors, l’engrais, plus les aliments à ré acheter plus les produits vétérinaires – vitamines et Thénaline – qui ne sont pas donnés, cela donne des frais importants à engager immédiatement. Nous avons besoin d’aides financières le plus rapidement possible pour relancer nos exploitations ».




14. Jean-Yves Minatchy élu président de la Chambre d’Agriculture


En récoltant 35 voix sur les 38 votants, Jean-Yves Minatchy a logiquement été plébiscité par ses pairs élus à la Chambre d’Agriculture. Avant de prendre place dans son nouveau siège de président de l’institution verte, à l’invitation du préfet Pierre Henry Maccioni, Jean-Yves Minatchy, ému, a longuement embrassé sa mère et les membres de sa famille présents dans la salle. « 55 ans après Roger Payet, ancien président de la Chambre d’Agriculture, c’est le second mandat du fils de son colon qui démarre », a-t-il déclaré d’emblée. Le père de Jean-Yves Minatchy travaillait effectivement comme colon pour Roger Payet et le nouveau président de la Chambre a aidé, dans sa jeunesse, son père sur cette exploitation agricole.

« Cette élection a une grande valeur symbolique pour ma famille – c’est pour cela que j’ai tenu à la présence de ma mère, âgée de 88 ans et solide comme un roc - et pour les petites exploitations agricoles ».

Dans son allocution d’intronisation, le nouveau président de la Chambre est rapidement revenu à la dure réalité du terrain : « Ma pensée va aussi à tous ceux qui ont été durement frappés par le cyclone Gamède. Des récoltes ont été détruites à 100% sur l’ensemble du département. C’est un désastre pour les petites et moyennes exploitations ».

Les indemnisations du cyclone Gamède seront, par la force des choses, le premier gros dossier à traiter pour Jean-Yves Minatchy et son équipe : « Les responsables de l’Etat peuvent compter sur les services de la Chambre d’Agriculture pour que le dossier des estimations de dégâts soit monté aussi vite que possible de façon que les agriculteurs sinistrés bénéficient des indemnisations dans les meilleurs délais ».

En responsable chevronné, Jean-Yves Minatchy a déjà ciblé les autres échéances déterminantes pour l’agriculture réunionnaise : « La réforme de la PAC se profile et nous allons négocier pour que les spécificités des petites exploitations réunionnaises soient prises en compte dans ce dossier. Il s’agit également de considérer le nouveau régime sucrier. Dans ce dossier, nous allons demander à l’Union européenne de découpler la Réunion du régime sucrier européen et faire en sorte d’obtenir le maintien de la compensation intégrale après 2014, ainsi que des aides nationales ». Le souhait de la nouvelle équipe dirigeante est d’obtenir, également, la mise en place d’une zone franche agricole qui permettrait une exonération des charges.

Un partenariat constructif
« Notre agriculture se trouve dans un environnement difficile, où la concurrence des pays étrangers est vive, avec le problème des importations massives d’ail et d’oignon d’Inde, des carottes d’Australie, ou l’Afrique du Sud avec ses productions d’ananas, de sucre, de raisin », souligne encore Jean-Yves Minatchy. « Pour protéger la production locale, on demande l’union et la solidarité de tous. Nous allons, pendant cette mandature, mettre en place un partenariat constructif avec l’Etat, la Région, le Département, Bruxelles et les différents organismes agricoles. Le contrat de plan Etat-Région et les Cahiers de l’Agriculture, élaborés par le Département avec notre collaboration, vont constituer de bonnes bases de travail pour l’avenir de l’agriculture réunionnaise ».

Dans les semaines à venir, la nouvelle équipe dirigeante de la Chambre devra présenter le budget 2007, non voté par l’ancienne majorité, pour assurer le bon fonctionnement de l’institution.

Le nouveau bureau de la Chambre d’Agriculture
Président : Jean-Yves Minatchy
1er vice-président : Jean-Bernard Gonthier
2e vice-président : Sylvestre Lamoly
3e vice-président : Jean Julius Métanire
Secrétaire : Alain Dambreville
1er secrétaire-adjoint : Isidore Laravine
2e secrétaire-adjoint : Jean Fabrice Robert
3e secrétaire-adjoint : Guibert Boulanger
4e secrétaire adjoint : Henri Thomy Atanari

Ordonnateurs suppléants
Isidore Laravine et Henri Thomy Atanari

Délégué suppléant à l’APCA
Sylvestre Lamoly

Membres associés
Joël Refus, Marcel Bolon, Fabrice Métro, Alix Marde, Fred Naze, Jocelyn Lagarrigue, Gilbert Bafinal, Jean Félix Payet




13. Elections à la Chambre d’Agriculture : la CGPER haut la main


En remportant les élections à la Chambre d’Agriculture, la CGPER a confirmé qu’elle était bien le syndicat le plus représentatif du monde agricole. Le ton avait été donné, il y a tout juste un an, lors des élections aux commissions mixtes d’usines où la Confédération des Générale des Planteurs et Eleveurs de la Réunion avait conservé haut la main les cinq présidences des différents bassins canniers de l’île, après être ressorti largement majoritaire dans le collège des petits planteurs mais aussi dans celui des plus gros producteurs. Cela avait déjà été le cas lors du scrutin aux tribunaux paritaires des baux ruraux, en 2002, où la CGPER avait gagné 12 sièges sur 16, remettant les choses en place après « l’accident survenu en 2001, où la Confédération – bien que majoritaire dans le monde agricole – avait dû céder de manière contestable la présidence à l’alliance FDSEA-CDJA-UFA-CFDT.

Aux élections à la Chambre d’Agriculture, le syndicat est ressorti, là encore, largement vainqueur avec 72,76% des voix et 19 sièges sur 21 dans le principal collège, celui des chefs d’exploitation. Avec 2 sièges supplémentaires dans les collèges des retraités, 2 également dans celui du collège syndical, 2 autres dans celui des propriétaires et 2 dans le collège Crédit Agricole, la CGPER récolte une majorité confortable pour siéger à la tête de l’institution consulaire ; La FDSEA-JA devant se contenter de 2 sièges.

« C’est un juste retour des choses », estime son leader charismatique, Jean-Yves Minatchy. « Cette victoire d’équipe récompense le travail réalisé sur le terrain depuis plusieurs années, dans toutes les filières agricoles ». Les planteurs et éleveurs de la Réunion ont ainsi reconnu le travail effectué par la CGPER lors de la réforme de l’OCM Sucre et la réforme de la PAC où les intérêts de la profession avaient été préservés. Le préfet a, pour sa part, souligné que « ces élections 2007 se sont déroulées dans le calme, le sérieux et la régularité ; ce qui honore l’agriculture de la Réunion ».

Réactions
Joël Refus (éleveur à la Rivière Saint-Louis) : « 
Il y avait un mécontentement général. Les agriculteurs se sont mobilisés pour changer le système en place. C’est donc un vote sanction car nous n’avons pas été satisfaits de l’ancien président. Jean-Yves Minatchy est, en revanche, un homme de terrain, proche des agriculteurs et nous avons toute confiance en lui ».

Alfred Naze (agriculteur à Sainte-Marie) : “Ce succès aux élections récompense le travail de terrain qu’a effectué la CGPER. Jean-Yves Minatchy s’est toujours engagé pour défendre les agriculteurs ».

Philippe Damour (agriculteur à Sainte Marie) : « Jean-Yves Minatchy est un homme de terrain. Il est présent à chaque fois que nous avons des soucis et sait défendre les petites et moyennes exploitations qui connaissent des problèmes de trésorerie et doivent continuer à exister malgré des faibles revenus ».

Les résultats du scrutin
Collège des chefs d’exploitation

Inscrits : 9 724 ; Votants : 6 570 ; Participation : 67,56%
CGPER : 72,76% (50,86% en 2001) - 19 sièges ;
Elus : Jean-Yves Minatchy, Jean-Benard Gonthier, Sylvestre Lamoly, Jacky Michel Morel, Jean Julius Métanire, Isidore Laravine, Jean Marc Lépinay, Fabrice Expédit Robert, Guibert Boulanger, Jean Claude Soubou, Jean Bernard Maratchia, Henri Tomy Atanari, Eric Hoareau, Jean Patrice Pounoussamy, Gilbert Hoareau, Jean Pierre Caly-Simbou, Jean Patrice Rodot, Jean Lucet Houpiaparnin, Philippe Georget Leste.
FDSEA-JA : 22,83% (49,28% en 2001) - 2 sièges
Elus : Guy Derand et Virginie K’Bidi-Hoarau
Coordination Rurale : 2,58% - 0 siège
Liste Le sourire de demain : 1,83% - 0 siège

Collège propriétaires et usufruitiers :
CGPER : 33 voix (66%) - 2 sièges

Elus : Auvergne Payet et Antonin Sinacouty
FDSEA/JA : 17 voix (34%) – 0 siège

Collège organisations syndicales :
CGPER : 58 voix (55,77%) - 2 sièges

Elus : Marie Annie Maratchia et Notaise Bénilde Orange
FDSEA/JA : 46 voix (44,23%) – 0 siège

Collège anciens exploitants :
CGPER : 3 135 voix (78,73%) - 2 sièges

Elus : Emile Oscar Lagarrigue et Paul Richemont Mulot
FDSEA/JA : 745 voix (18,71%) – 0 siège
Liste Le sourire de demain : 102 voix (2,56%) – 0 siège

Collège salariés de la production agricole :
CGTR : 193 voix (49,49%) - 3 sièges

Elus : Gilbert Imize, Robert Maximin Maraaly ; Expédit, Jean Marc Expédit Techer
CFDT : 139 voix (35,64%) - 1 siège
Elu : Jacky Techer
CFTC : 58 voix (14,87%) – 0 siège

Collège salariés des groupements professionnels :
CGTR : 151 voix (32,61%) - 1 siège
Elue : Marie Andrée Brigitte Malet
CFDT : 230 voix (49,68%) - 3 sièges
Elus : Serges Fontaine, Charles Emile Bigot, Didier Damour
CGC : 82 voix (17,71%) – 0 siège

Collège des coopératives :
1 siège FDCUMA

Elu : René Claude Barret
4 sièges SICA-FRCA
Elus : Mylène René Claude Arhel-Techer, Philippe Dalleau, Rito Lilian Ferrère, Alain Dambreville

Collège Crédit Agricole :
CGPER : 17 voix (62,96%) - 2 sièges

Elus : Philippe Ghislain Gonthier et Jean Pascal Orange
FDSEA/JA : 10 voix (37,04%) – 0 siège

Collège Mutualité Agricole :
2 sièges – Elus : Bertil André Arginthe et Arsène Hibon




12. Ananas Victoria et Letchi de La Réunion


Ô Label Rouge !

Ca y est, c’est gagné ! Depuis le début du mois de novembre, l’ananas Victoria de la Réunion est estampillé Label Rouge. Une reconnaissance nationale, dûment mentionnée au Journal officiel du 31 octobre, qui constitue une grande première pour un produit « made in Réunion ». C’est aussi le premier fruit à obtenir cette prestigieuse labellisation dans un département d’outre-mer. Cette reconnaissance de qualité, par le ministère de l’Agriculture et celui des Finances, arrive après deux ans de travail. C’est en 2004 que la cellule Mise en Marché et Qualité de la Chambre d’Agriculture a commencé à travailler sur le dossier, en étroite collaboration avec les producteurs du Syndicat Qualité Fruits de la Réunion et l’organisme certificateur OCTROI. Dans ce genre de dossier, les procédures sont longues. Les ingénieurs de la Chambre d’Agriculture ont, dans un premier temps, travaillé sur l’élaboration d’un cahier des charges. « Les producteurs ont activement participé à la définition de ce cahier des charges », explique Yannick Soupapoullé, ingénieur Qualité à la Chambre. « Tout est pris en compte, depuis le champ et les méthodes de culture, jusque dans l’assiette, en fonction de critères bien précis sur le goût, le parfum, le taux de sucre… ». Une fois le cahier des charges établi, le dossier a été envoyé à Paris pour être examiné par la Commission nationale label et certification. Cette commission a désigné un expert. « Dès lors, il y a eu un échange permanent avec cet expert pour finaliser le dossier et travailler notamment sur certains points de détail exigés par l’Administration centrale », indique Robert Boita, le directeur d’OCTROI.

La Direction générale de l’alimentation, de la consommation et de la répression des fraudes a également exercé un contrôle rigoureux avant de transmettre son rapport au ministère de l’Agriculture et au ministère de l’Economie et des Finances. « Ce dossier a nécessité de longues démarches. Mais, aujourd’hui, le travail des techniciens de la Chambre, des producteurs et de l’organisme certificateur local OCTROI est récompensé », se félicite Guy Derand, le président de la Chambre d’Agriculture. « Pour mener à bien ce dossier, il a fallu, dans un premier temps, initier une synergie entre tous les opérateurs. A cet effet, nous avons créé le comité de pilotage export, puis regroupé les producteurs intéressés par la démarche au sein du syndicat Qualité Fruits de la Réunion. Notre savoir-faire est aujourd’hui reconnu au niveau national et c’est une belle victoire pour le secteur de l’exportation des fruits tropicaux ». Les producteurs-exportateurs, membres du syndicat Qualité Fruits de la Réunion, peuvent désormais envoyer leurs ananas estampillés de la petite étiquette Label Rouge. « Ce label est un précieux gage de qualité », souligne Guy Derand. « Il est connu par plus de 85% des consommateurs qui savent qu’en achetant un produit Label Rouge, ils ont l’assurance de la qualité et de la traçabilité ». C’est un atout commercial supplémentaire pour ce produit phare de l’exportation réunionnaise. Le Victoria de la Réunion ne pourra plus être confondu avec ses cousins d’Afrique du Sud et d’autres pays producteurs, sur les étals des magasins de France et d’Europe. « Cette reconnaissance va certainement ouvrir de nouvelles portes vers l’export. Elle constitue également un plus pour booster les ventes sur le marché local et les grandes et moyennes surfaces de distribution devraient être très intéressées par ce type de produit », estime Guy Derand.

Le letchi après l’ananas

Voilà donc un deuxième produit « pays » officiellement labellisé, récompensant ainsi les efforts de toute une filière pour atteindre l’excellence de la production agricole. Ce signe de qualité va permettre aux producteurs, qui respectent le cahier des charges, de valoriser les letchis de la Réunion sur tous les marchés européens par le signe de qualité réservé aux produits hauts de gamme, à savoir le prestigieux Label Rouge. C’est la récompense d’un travail de plusieurs années fourni par les producteurs regroupés au sein du syndicat Qualité Fruits Réunion, depuis 2002. Epaulés par la Chambre d’Agriculture, ils se sont résolument engagés dans la démarche d’agrément pour obtenir la certification. Le cahier des charges qui, aujourd’hui, s’applique à tous les producteurs qui souhaitent « sortir » du letchi Label Rouge a fait l’objet de plusieurs examens et allers-retours entre la Réunion et Paris, avant sa validation définitive. Des chercheurs du Cirad ont été nommés comme experts et ont étudié ce cahier des charges, demandant souvent des compléments d’enquête. Il y a eu une consultation publique pendant deux mois, à partir du 27 août 2005. Il a fallu aussi mettre en place un plan de contrôle défini entre les producteurs du Syndicat Qualité Fruits Réunion et l’organisme certificateur local OCTROI. Le tout a finalement subi un ultime examen du ministère de l’Agriculture. Au final, il aura fallu un peu plus de 18 mois avant que ne paraisse au Journal officiel du 5 décembre dernier l’arrêté de certification, signé par trois ministères (agriculture, industrie, économie et finances). Un délai finalement assez court comparé au dossier de l’ananas Victoria qui a nécessité un peu plus de deux ans. Pour Dominique Gigan, producteur à Saint-Benoît et président du Syndicat Qualité Fruits Réunion, l’attribution du Label Rouge est une belle reconnaisse du savoir-faire des producteurs locaux : « Nous allons pouvoir démarquer nos letchis, jusqu’alors noyés dans la masse sur le marché métropolitain, des autres pays producteurs ». Les consommateurs seront gagnants puisqu’ils auront la garantie que le letchis réunionnais Label Rouge est frais (moins de 8 jours entre la récolte et la mise sur le marché), calibré (au moins 3 centimètres) et qu’il est bien à maturité. De belles perspectives s’ouvrent ainsi au letchi « pays » qui va pouvoir se lancer à l’assaut de nouveaux marchés à l’export !

Hervé Cailleaux.

Depuis 1966

La certification Label Rouge a été créée en 1966. Cette marque collective prestigieuse constitue un gage de qualité reconnu internationalement qui débouche sur « une augmentation systématique des ventes auprès des consommateurs », ont constaté les spécialistes. Parmi les produits certifiés Label Rouge, on peut relever l’ail rose de Lautrec, les betteraves rouges Terr’Loire Prestige, le haricot tarbais, les mirabelles de Lorraine, la pomme de terre Belle de Fontenay, la pomme de terre pompadour, les prunes Reine-Claude, le porc de Franche-Comté, la viande de bœuf Gascon, les saucisses fraîches de porc du Limousin, le jambon de Bayonne, la crème fraîche fluide d’Alsace, le Brie au lait thermisé, et bien d’autres encore… auxquels s’ajoute donc l’ananas Victoria de la Réunion.

Comment les reconnaître ?

L’étiquetage d’un produit avec label comporte trois éléments essentiels (logo, plage informative et mentions valorisantes) et constitue pour les producteurs le moyen privilégié d’informer le consommateur. Aussi, le logo revêt-il une grande importance pour le consommateur. Sa présence sur l’étiquetage atteste que le produit est de qualité supérieure et que cette qualité est directement perceptible par le consommateur. Les mentions valorisantes protégées que sont la plage informative et surtout le logo permettent aux consommateurs de s’assurer de l’authenticité et de la véracité des produits.

Une démarche collective certifiée

Le Label Rouge est obligatoirement une démarche de filière associant les partenaires de la chaîne alimentaire : producteurs, transformateurs et fournisseurs, mais aussi, parfois, distributeurs et consommateurs. Le caractère collectif de la démarche confère une forte originalité et crédibilité au Label Rouge et aussi une parfaite traçabilité.

Un suivi rigoureux dans la durée

L’homologation Label Rouge n’est jamais définitive. Elle peut toujours être remise en cause. De plus, toute modification du cahier des charges doit faire l’objet d’une vérification par la Commission nationale.

La qualité gustative

La vocation d’un produit Label Rouge est de répondre aux attentes de plaisir des consommateurs, grâce à des produits au goût et aux saveurs de qualité supérieure, qui se distinguent des produits courants. Pour cela, tous les produits Label Rouge sont soumis à des tests de dégustation et à des analyses sensorielles, et leurs modes de production sont liés à cette exigence de goût.




11. 150e anniversaire de la Chambre d’Agriculture


Une honorable Institution d’un siècle et demi !

La Chambre d’Agriculture de la Réunion a été fondée en 1854, il y a exactement 152 ans… Pendant un siècle et demi, l’Institution « verte » a ainsi été le moteur du développement de l’agriculture de l’île. 150 ans d’évolution que les dirigeants actuels de la Chambre ont tenu à honorer, - les 9, 10 et 11 juin sur le parc de la Trinité, à Saint-Denis. A travers de nombreuses animations et expositions et dans une ambiance festive, chacun a pu mesurer le long chemin parcouru – de la monoculture à la diversification des productions – par une profession dont le but premier est de subvenir à l’approvisionnement alimentaire de la population.

 

Un peu d’histoire…

La Chambre Consultative d’Agriculture a été fondée, à la Réunion, le 12 avril 1854, par le gouverneur Hubert-Delisle, en remplacement du Comité Départemental d’Agriculture, créé le 8 août 1839.
Elle se composait alors de membres désignés par les comices agricoles, associations formées des personnalités les plus marquantes du monde agricole.
Le premier Président en fut Charles André Panon Desbassyns , alors âgé de 72 ans.
La Chambre d’Agriculture, faute de moyens financiers, n’avaient à cette époque qu’un rôle consultatif qui lui était dévolu par la loi. Son pouvoir d’intervention s’est, ensuite, accru au fil des années.
Depuis 1960, avec la loi d’orientation agricole et surtout depuis 1966, la compagnie consulaire a reçu du législateur la responsabilité du développement agricole et tout en continuant son rôle consultatif et de représentation des intérêts des agriculteurs auprès des pouvoirs publics.

 

Quel est le rôle de la Chambre d’Agriculture ?

La Chambre d’Agriculture est un établissement public qui a pour mission de représenter officiellement les intérêts du monde agricole du département. Elle est, à ce titre, régulièrement consultée par les pouvoirs publics.
La Chambre d’Agriculture est formée de représentants de l’ensemble du monde agricole du département (exploitants, propriétaires, anciens exploitants, salariés d’exploitation, salariés d’organismes agricoles et d’organisations professionnelles.
Au total, ce sont 44 professionnels élus par leurs pairs pour les représenter.

 

Quels champs de compétence ?

Sa mission première de représenter le monde agricole et rural et d’être le porte-parole de ses intérêts auprès de l’Etat, des responsables politiques, des collectivités territoriales, des instances européennes et de tous les autres organismes ou partenaires intervenant directement dans la politique agricole ou l’aménagement rural.
La deuxième mission de la Chambre d’Agriculture est de venir en appui aux agriculteurs. Etablissement de proximité, la Chambre d’Agriculture analyse la demande, propose ses services auprès des agriculteurs, des salariés du secteur agricole mais aussi des entreprises des filières agro-alimentaires.
La diversité de l’agriculture locale justifie de multiples missions d’expertise, de conseil, de formation et de recherche-développement.
Les champs de compétence des agents de la Chambre d’Agriculture concernent ainsi plusieurs grands domaines d’intervention :
- Productions végétales
- Elevage
- Environnement et gestion des milieux
- Irrigation et gestion de l’eau
- Machinisme
- Aménagement du territoire
- Juridique
- Gestion de l’entreprise agricole
- Qualification et formation des agriculteurs
- Agroalimentaire et promotion des produits
- Agrotourisme
- Promotion de l’agriculture
- Economie et politique agricole
Pour ce faire, la Chambre d’Agriculture emploie 190 agents, répartis dans toutes les régions de l’île.

 

Comment sont désignés les membres de la Chambre d’Agriculture ?

Les membres de la Chambre d’Agriculture sont élus par leurs pairs, pour 6 ans. Il s’agit d’une élection par collège. Chaque catégorie élit ses propres représentants :
- Les exploitants élisent leurs 21 représentants
- Les propriétaires élisent leurs 2 représentants
- Les salariés d’exploitation élisent leurs 4 représentants
- Les salariés d’organismes élisent leurs 4 représentants
- Les anciens exploitants élisent leurs 2 représentants
- Les coopératives et SICA élisent leurs 5 représentants
- Les caisses de Crédit Agricole élisent leurs 2 représentants
- Les Assurances Mutuelles élisent leurs 2 représentants.
- Les organisations syndicales de groupements élisent 2 représentants
Ainsi, toute la profession est représentée. Une fois élus, les 44 membres élisent un président et un bureau.
Les fonctions de membre de la Chambre d’Agriculture sont bénévoles. Les membres sont toutefois remboursés de leurs frais de déplacement et indemnisés de la perte de leur temps de travail.

 

Quels sont les pouvoirs du président ?

Le président représente la Chambre d’Agriculture dans tous les actes de la vie civile.
Le président engage les dépenses dans le cadre du budget, voté par les membres réunis en session et approuvé par le préfet. Il est, à ce titre, responsable de la gestion financière (le compte financier est soumis à l’approbation du préfet puis transmis à la Cour des Comptes).
Le président nomme et révoque le personnel. Nul ne peut être élu président s’il est âgé de 65 ans révolus (en 1983, la limite d’âge était de 70 ans).

 

Les présidents de la Chambre d’Agriculture

> Charles Panon DESBASSYNS 1854-1863
> Joseph d’ARMAND DE CHATEAUVIEUX 1863-1868
> Joseph DE MAZERIEUX 1868-1874
> Dr. C. LEGRAS 1874-1879
> Alphonse SICRE DE FONTBRUNE 1879-1880
> Reynaud DOLOBARATZ 1881-1882
> Auguste CORNU 1882-1888
> L. de PONTLEVOYE 1888-1891
> Ed. DUBUISSON 1891-1893
> Charles CHOPPY 1893-1895
> François ISAUTIER 1895-1898
> Léon COLSON 1898-1905
> Anatole HUGOT 1905-1914
> Gaspard MIREL 1914-1922
> Vincent BOYER DE LA GIRODAY 1922-1943
> Alfred ISAUTIER 1943-1946
> Edgard AVRIL 1946-1947
> Maurice OZOUX 1947-1948
> Roger PAYET 1948-1961
> Albert AVRIL 1961-1967
> Alexis BENARD 1967-1968
> Paul FERRAND 1968-1983
> Pierre ROSSOLIN 1983-1989
> Angélo LAURET 1989-1993
> Claude SAUTRON (président de la Délégation Spéciale) 1994-1995
> Jean-Yves MINATCHY 1995-2001
> Guy DERAND 2001-2006
> Jean-Yves MINATCHY 2006-2013
> Jean Bernard GONTHIER - 2013….




10. Le colonat passe à la trappe


La Chambre d’Agriculture l’a dit.

La Chambre d’Agriculture l’a dit. La Chambre d’Agriculture l’a fait ! L’abolition du colonat est devenu une réalité. Les derniers colons vont pouvoir changer de statut et enfin tirer profit de leur travail. C’est un immense progrès social !

Sur les 7 000 agriculteurs réunionnais, 700 exercent encore leur métier sous le régime du colonat partiaire. Un statut hérité de l’esclavage et de l’engagisme, dont l’abolition était devenue une action prioritaire de la Chambre d’Agriculture.

Pour Guy Derand, le président de l’Institution verte, il s’agissait de « mettre fin à un système archaïque et contre productif ».

En 2004, dès l’annonce de la préparation de la future loi de modernisation de l’agriculture, avec un volet spécialement consacré à l’outre-mer annoncé par le ministre de l’agriculture de l’époque, la Chambre d’Agriculture a vu l’opportunité de faire aboutir cette revendication.

« Mais la partie n’était pas gagnée d’avance », reconnaît Guy Derand. « Nous avons rencontré de nombreuses réticences. Dans un premier temps, le ministère de l’Agriculture a cru qu’en supprimant le colonat dans les départements d’outre-mer, on supprimerait automatiquement le métayage en métropole. Or, les dispositifs relèvent de législations différentes. Il apparaissait également que le colonat était encore très répandu aux Antilles et l’on pouvait redouter le lobbying des propriétaires ».

Mais la force de persuasion des dirigeants de la Chambre d’Agriculture, qui ont rallié à la cause les parlementaires locaux, a porté ses fruits.

Les visites récentes sur l’île de différents ministres ont été autant d’occasions de « marteler » la nécessité de supprimer le colonat.

« Mais les choses se sont réellement décantées, au dernier moment. C’est lors d’un entretien que nous avons eu - au mois d’octobre - au ministère de l’Agriculture et au cours duquel nous accompagnait la sénatrice Anne Marie Payet, que le gouvernement a pris la mesure de l’enjeu ».

Guy Derand tient d’ailleurs à saluer l’action d’Anne Marie Payet. « C’est la seule qui a été à nos côtés depuis le début du dossier ». Certains députés réunionnais n’ont marqué un véritable intérêt à notre action que lorsqu’ils ont vu qu’il y avait un bon coup médiatico-politique à retirer de ce dossier. « Mais peu importe », estime le président de la Chambre. « Ce qui nous intéresse, c’est le résultat ! ».

L’abolition du colonat sera donc effective avec la promulgation de la loi de modernisation de l’agriculture, dès le début de l’année 2006. Dès à présent, la Chambre d’Agriculture va expliquer aux colons de la Réunion les modalités de changement de leur statut.

Hervé Cailleaux.

 

Colonat et métayage

Le colon travaille une terre qu’il loue non pas en versant un loyer, comme le fait le métayer, mais en donnant un quart de sa récolte au propriétaire des terres, tout en assurant – dans les faits – 100% des charges. Autrement dit, plus il travaille, plus le volume qu’il doit céder est important.

« D’autre part, celui qui loue une terre en fermage a le droit de prendre toutes les décisions qu’il souhaite (récolte, labours…) sur son exploitation. Les colons ne peuvent au contraire prendre aucune décision de leur propre chef. Ils sont obligés de faire appel à leur propriétaire qui est décideur sans, dans bien des cas, être agriculteur », souligne Renaud Bonin, chargé des affaires juridiques à la Chambre d’Agriculture. « Ce dispositif permettait, avec la fin de l’engagisme, de conserver une main d’œuvre corvéable et mobilisable à la demande, donc moins coûteuse que des salariés ».

Selon une étude de la Chambre d’Agriculture, les 700 colons réunionnais – ils étaient 3 751 en 1989 – travaillent essentiellement sur des champs de cannes, dans le Sud et l’Est de l’île, sur de très petites surfaces (inférieures à 3 ha). Ils tirent individuellement de leur labeur une recette annuelle misérable d’environ 5 200 euros, soit 430 euros par mois, l’équivalent d’un RMI. En étant fermiers, leurs revenus vont augmenter de façon substantielle.

 

Ce qui va se passer maintenant…

A compter du 1er janvier 2006, aucun contrat de colonat ne pourra plus être signé. La location de terrain agricole se fera uniquement sous les dispositions du statut du fermage.

Cependant, les contrats en cours – c’est-à-dire signé avant le 1er janvier 2006 – continuerons jusqu’à leur renouvellement ; échéance à laquelle ils seront automatiquement convertis en bail à ferme.

Dès lors, les nouvelles dispositions de la loi de modernisation agricole vont permettre au colon d’obtenir la conversion automatique en fermage lors du renouvellement du bail, d’avoir, de ce fait, pleine autorité sur la conduite de l’exploitation, de faire valoir son droit de préemption en cas de vente par le propriétaire.

Dès lors, en attendant la reconversion automatique en bail à ferme, à échéance de l’actuel contrat, les deux parties peuvent dès à présent se concerter pour fixer ensemble le montant du fermage en fonction de l’arrêté préfectoral en vigueur. Les conseillers juridiques de la Chambre d’Agriculture se tiennent à leur disposition pour les guider dans cette démarche.

En cas de non entente, le tribunal paritaire des baux ruraux pourra être saisi pour trancher.

L’ancien colon devenu fermier - donc chef d’exploitation - aura ainsi accès à l’ensemble des aides à l’agriculture. Il pourra gérer son exploitation comme bon lui semble, changer de culture et décider seul de la conduite de son exploitation.

La nouvelle loi élargit également le droit de préemption du colon qui devient prioritaire à l’achat dès que la parcelle qu’il exploite est mise en vente par le propriétaire.




9. Salon International de l’Agriculture


Une vitrine pour séduire

La Réunion n’a pas manqué son rendez-vous parisien et a profité de cette belle vitrine qu’est le Salon International de l’Agriculture pour promouvoir ses produits typiques et faire savoir son savoir-faire agricole et agroalimentaire.

Avec l’épidémie du chikungunya dans laquelle l’île est empêtré, fallait-il faire l’impasse sur le Salon International de l’Agriculture ? Pour le président de la Chambre d’Agriculture, pas question de baisser les bras : « Nous nous sommes effectivement posé la question s’il fallait ou non participer, cette année, au salon de l’agriculture. Mais le SIA est un rendez-vous incontournable pour montrer notre savoir-faire, notre agriculture moderne et active, pour promouvoir nos fruits et notre production agroalimentaire ».

Pour la 7e année consécutive, la Chambre d’Agriculture, avec ses partenaires de l’interconsulaire, la Chambre de Commerce et la Chambre de Métiers, ainsi que la FRCA et les industriels du sucre, a donc participé à cette belle vitrine du monde rural, sur une surface d’exposition de 209 m2.
Un espace, deux fois plus important que l’an dernier, sur lequel les visiteurs ont apprécié la richesse et la diversité des fruits exotiques de l’île, provenant d’exploitations de producteurs membres de coopératives, des produits transformés originaux et un art culinaire à travers le restaurant « le Vanilla ».

Les samoussas Taïlou, confectionnés à base de produits agricoles, le GIE Rhum, la coopérative de vanille sont des habitués, auxquels s’est ajouté la société Soleil Réunion, invitée pour la première fois au SIA. « C’est une opportunité d’ouverture et la possibilité de positionner nos produits traditionnels – achards, pâtes de piment, confitures – sur la métropole », estime Auguste Surveille, commercial de la société. « Nous insistons sur le fait que nous proposons des produits sains et innovants et qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir ».

La filière canne-sucre a également été à l’honneur, avec la présence du syndicat des fabricants de sucre et d’un technicien spécialisé de la Chambre d’Agriculture, et le concours de l’ODEADOM. « En tant qu’île à sucre, il est logique que la Réunion mette cette production en avant », souligne Guy Derand. « Nous avons un savoir-faire dans ce domaine. Il n’est jamais inutile de le rappeler ».
Temps fort de cette présence locale au SIA, la journée de la Réunion, organisée le 27 février, a été l’occasion d’affirmer la présence économique de l’île et les possibilités d’exportation des produits « made in Réunion », en présence de personnalités nationales et d’outre-mer.

Le Salon International de l’Agriculture est aussi une excellente vitrine touristique. « Avec 700 000 visiteurs, c’est l’une des plus grandes occasions de vendre l’île », souligne Guy Derand.

Dans le contexte particulier lié à l’épidémie du chikungunya, le Comité de Tourisme de la Réunion en a profité pour redorer la destination Réunion, mise à mal ces derniers temps. Pas question de dire ou de laisser dire n’importe quoi. « On tient un langage de vérité avec des messages savamment réfléchis », souligne Jocelyne Lauret, la présidente du CTR. « La Réunion n’a pas perdu ses atouts touristiques et l’on peut toujours y venir en prenant un minimum de précaution ».
Des propos rassurants, largement relayés par les représentants du réseau « Bienvenue à la Ferme » et des Gîtes de France, également présents à Paris, pour promouvoir leurs structures de tourisme en milieu rural.

La présence sur l’espace Réunion d’élèves du lycée Patu de Rosemont, en préparation du bac pro de commerce, a également contribué à vanter les atouts de l’île. Une expérience nouvelle et enrichissante pour ces souriantes étudiantes qui leur servira pour la suite de leurs études.

Cette année encore, la plate-forme interconsulaire, mise en place en octobre 2001 entre la Chambre d’Agriculture, la Chambre de Métiers et la Chambre de Commerce et d’Industrie, a permis une présence réunionnaise forte lors de ce SIA 2006, avec le précieux concours du Département. Le but de la démarche est de renforcer la promotion de l’économie réunionnaise lors de manifestations nationales ou internationales.

 

H.C.




8. L’onde de choc du "chik"


L’utilisation massive d’insecticides chimiques...

L’utilisation massive d’insecticides chimiques comme « arme » de destruction de l’aedes albopictus a provoqué, au delà des cas d’intoxication de personnes, la mort d’animaux insectivores, ainsi que d’abeilles, par milliers. La stratégie « de guerre » déployée a eu un impact sur l’écosystème et soulevé le tollé des apiculteurs, de la Chambre d’Agriculture, du syndicat des Jeunes Agriculteurs et autres organismes soucieux de notre environnement.

Le chikungunya est connu depuis les années 50, notamment en Afrique australe. Malgré cela, la propagation, à la Réunion, de cette maladie émergente a surpris la population et les hautes sphères décisionnaires. La gestion de la crise du chikungunya a pâti des atermoiements des autorités sanitaires de l’île et autres, de nos gouvernants et pas seulement au niveau du gouvernement. La prise de conscience tardive de la menace réelle, les tâtonnements et hésitations coupables dans la lutte contre le moustique ravageur, la stratégie employée, la cacophonie ambiante ont amplifié les dommages collatéraux et pas seulement sur les êtres humains.
Face à l’absence de remède et de vaccin, les autorités de santé publique ont cherché à s’attaquer au vecteur de la maladie : l’aedes albopictus. Deux insecticides - le Fénitrothion et le Téméphos - ont été utilisés pour éliminer le moustique et ses larves.

Mais l’utilisation à grande échelle et sans les précautions nécessaires d’insecticides chimiques a causé des dégâts sur la flore et la faune de l’île. Des oiseaux, des caméléons et autres insectivores ont été décimés par le flux de produits toxiques déversé sur l’île… Et les abeilles, mortes par centaine au pied des ruches…

Malgré cette évidence, un expert en entomologie dépêché sur l’île persiste à minimiser la catastrophe. Pour lui, « c’est un mal nécessaire » (cf Le Quotidien du 8 février 2006). Mais détruire la faune et la flore locale est-ce une preuve d’efficacité ? Où sont passés les beaux discours sur le développement durable ? L’urgence de la crise sanitaire méritait-elle de sacrifier l’écosystème ?
Heureusement, d’autres voix se font entendre au dessus des discours « langue de bois » de représentants officiels. Dès qu’il a appris la dangerosité des produits utilisés, le maire de Saint-Paul a décidé d’interrompre la démoustication sur son territoire communal en attendant une solution meilleure, comprenant bien que « le remède jusqu’alors utilisé était pire que le mal ». Sage décision suivie par le Département. L’autorité préfectorale a, elle aussi, fini par revoir – timidement - sa copie tandis que la mairie du Port utilisait déjà un bio-pesticide, depuis longtemps.

 

Les Jeunes Agriculteurs dénoncent

Mais ce retour à un peu plus de précaution n’a-t-il pas été trop tardif pour éviter une catastrophe écologique ? Le syndicat des Jeunes Agriculteurs avait pourtant tiré très tôt la sonnette d’alarme auprès de la population et les pouvoirs publics. Son président, Nicolas Alaguirissamy a vivement dénoncé « la toxicité des produits utilisés » et demandé « l’arrêt immédiat de ces produits nuisibles pour l’homme, la flore et la faune et leur remplacement par l’insecticide biologique Vectobac ». La formule du Vectobac sous forme de granulés est un traitement de sol qui s’attaque uniquement à la source du mal – les larves- sans dommages pour l’environnement et les milieux vivants.

Devant l’ampleur des dégâts, le syndicat des Jeunes Agriculteurs estimait, début février, « urgent de déclarer la Réunion en zone sinistrée au titre des catastrophes naturelles ».

L’inquiétude a également gagné les apiculteurs. « Au début de l’opération de démoustication, les ruches ont été relativement préservées car elles étaient pour beaucoup d’entre elles installées dans les Hauts. Mais fin février – début mars, c’est une période clé pour la production de miel avec la transhumance », indique Benoît Giraudet, le technicien apicole de la Chambre d’Agriculture. Les ruches quittent les Hauts pour être placées au plus près des fleurs des faux poivriers (baies roses), la miellée la plus importante pour les apiculteurs de l’île.

« On a affaire à un problème de santé publique majeur », reconnaît Benoît Giraudet. « Nous ne souhaitons pas l’arrêt de la démoustication mais il est nécessaire de réfléchir aux méthodes et aux produits utilisés. Tuer des moustiques, c’est bien, mais bombarder comme on le fait dans certains cas et détruire tout autour, cela a forcément de graves conséquences ».

L’enjeu écologique et économique est de taille.
« Si ces traitements, parfois à outrance, continuent au moment de la transhumance, on se demande ce qui va advenir », s’interroge Camille Perrault, le président de la Coopémiel. La production de miel risque de subir un sérieux coup d’arrêt.

Mais pas seulement… L’abeille est un insecte pollinisateur. Il ne faut pas l’oublier. Sans ce précieux auxiliaire, les arbres fruitiers et les vergers de l’île n’auraient pas les rendements qu’ils ont et donneraient bien peu de fruits. Dans le domaine des fruits et autres melons, citrouilles, pastèques… la production agricole dépend de la pollinisation naturelle exercée par les abeilles. Selon les calculs établis, lorsque une abeille produit un euro de miel, elle génère dans le même temps un gain pour la production agricole de 30 à 40 euros par son action de pollinisation sur les arbres fruitiers et les fleurs. « S’il n’y a plus d’abeilles, il n’y a plus de pollinisation. Donc moins de fruits et des prix qui s’envolent… », rappelle Nicolas Alaguirissamy.

 

Manque de réflexion

Guy Derand stigmatise ainsi le manque de réflexion concernant les conséquences écologiques des centaines de tonnes de produits chimiques déversés sur la Réunion.

« Les traitements de choc devaient être cantonnés aux zones urbaines. Ils ont malheureusement été étendus aux régions périurbaines et rurales, portant ainsi préjudice aux activités agricoles », déplore le président de la Chambre d’Agriculture.

Pour les membres du syndicat des apiculteurs, « le choix dans les moyens de lutte correspondent à ce que l’Office Mondial de la Santé appelle le contrôle du dernier recours. Or le choix le plus efficace et le plus économique aurait été de contrôler les foyers larvaires. Les traitements utilisés semblent plus répondre à la volonté de rassurer la population qu’à une véritable démarche scientifique de lutte efficace » … Avec les complications et les dégâts collatéraux que cela a entraîné sur les personnes, sur les animaux et sur l’activité économique et agricole de l’île.

 

Hervé Cailleaux




7. La pomtèr maronèr resurgit de terre


Sur son exploitation de Petite France, axée sur la production biologique, François Tibère a remis en culture une variété de pomme de terre "lontan".

Au hasard de ses pérégrinations, François Tibère découvre, un jour, des petites pommes de terre sauvages dans la forêt du Maïdo. "Les tubercules n’étaient pas plus grosses qu’une bille. Mais le fait d’avoir ainsi survécu pendant des années, sans soin, est signe d’une belle vitalité", souligne le bio producteur des Hauts de Saint-Paul. « En faisant une petite recherche, j’ai constaté que cette patate resurgissait également, à certaines époques, dans les cirques de Mafate et de Cilaos, à la Glacière, au Tévelave, ainsi qu’à Piton Rouge ». A l’évocation de ces lieux, la conclusion s’impose : cette pomme de terre devait être cultivée, voici quelque 300 ans, par les esclaves "marrons", pour assurer leur subsistance.

François Tibère tient sa pépite. Il apprend également que cette pomme de terre était plus récemment cultivée par les anciens, en intercalaire de la canne à sucre. Il décide alors de donner une seconde vie à ce tubercule qui aurait des "liens de parenté" avec la variété « Mombassa », selon lui.

Après avoir collecté 300 grammes de petites tubercules pour en faire des semences, il entreprend un patient travail de multiplication.

En cinq années, à raison de deux plantations annuelles et de soins attentifs, sans pesticides ni engrais chimiques, le tubercule gros comme une bille retrouve sa belle forme de pomme de terre.
Sur l’exploitation du chemin Féoga II, la petite pomme de terre « pays » s’est trouvé un nouveau champ de développement. "Elle est parfaitement adaptée à l’environnement réunionnais", affirme François Tibère, qui en grattant la terre découvre, à chaque pied, 300 grammes de pommes de terre à la peau un peu rosée.

Adepte de la culture traditionnelle, l’agriculteur des Hauts de Saint Paul souhaite faire profiter sa "trouvaille" à d’autres producteurs : "Je veux la proposer à des agriculteurs qui pratiquent une agriculture saine".

La Chambre d’Agriculture soutient cette action qui permet de mettre en valeur un produit du terroir. "La remise en culture de cette pomme de terre peut constituer un plus économique, voire touristique pour les producteurs du secteur de la Petite France", estime Guy Derand.

D’ici peu, la petite pomme de terre oubliée pourrait redevenir une star sur les étals des marchés forains et dans les assiettes des fermes-auberges, des tables d’hôtes ou autres restaurateurs. Son calibre ne lui permet pas de se transformer en frites. Mais selon quelques chefs cuisiniers sollicités par François Tibère, elle présente toutes les qualités organoleptiques pour être consommée en salade ou dorée à la poêle.

Et comme la culture et les références à la tradition ne sont jamais absentes de la démarche de François Tibère, la renaissance de cette pomme de terre oubliée a été saluée par un nouveau nom de baptême : la "pomtèr maronèr".

 

Hervé Cailleaux




6. Conditionnalité des aides


Une exigence pour l’environnement et la sécurité alimentaire

Depuis le début de l’année, de nouvelles règles doivent être prises en compte, par les producteurs agricoles, au titre de la conditionnalité des aides et des contrôles sont menés par la DAF. Ce n’est pas forcément plaisant mais nécessaire…

 

Qu’est ce que la conditionnalité des aides ?

Les aides européennes sont soumises à certaines conditions. La conditionnalité consiste à établir un lien entre le versement intégral des aides directes versées aux agriculteurs et le respect d’exigences en matière d’environnement, de santé publique, de santé des animaux et des végétaux.

La conditionnalité introduit des points de pénalité et donc une réduction des paiements directs en cas de non respect de ces exigences.

Dans ce cadre, il n’est pas inutile de rappeler qu’une bonne utilisation des produits phytosanitaires protège l’utilisateur, le consommateur, mais aussi l’environnement. Les produits phytosanitaires utilisés doivent impérativement avoir une autorisation de mise sur le marché (AMM) valable en France.

Les produits doivent être utilisés en respectant les doses et les délais avant récolte figurant sur les étiquettes et, dans certains cas, les prescriptions d’emploi spécifiques publiées par arrêté.

 

Cinq grandes règles

Depuis le début de l’année, 5 grandes règles sont ainsi prises en compte au titre de la conditionnalité :

1. La bonne utilisation des produits phytosanitaires. Une bonne utilisation des produits phytosanitaires protège l’utilisateur, le consommateur ainsi que l’environnement. Les produits phytosanitaires doivent donc avoir, impérativement, une autorisation de mise sur le marché (AMM), valable en France. Les produits doivent être utilisés en respectant les doses et les délais avant récolte qui figurent sur les étiquettes, et dans certains cas les prescriptions d’emploi spécifiques publiées par arrêté. A titre d’exemple, un arrêté du 28 novembre 2003, définit les conditions d’utilisation des insecticides et acaricides à usage agricole en vue de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs. L’ensemble des traitements phytosanitaires appliqués aux cultures doit être noté dans un cahier d’enregistrement, appelé registre phytosanitaire.

2. Les bonnes pratiques agricoles assurant la sécurité sanitaire des aliments. Toutes les productions de l’exploitation, qu’elles soient transformées sur place ou non, doivent répondre à des exigences assurant la sécurité sanitaire des aliments. Cette sécurité sanitaire des aliments implique notamment :
- en production animale, la tenue du registre d’élevage (traitements médicamenteux, ordonnances, aliments distribués aux animaux)
- en production végétale, le respect des limites maximales de résidus des pesticides
- dans le cas d’une activité de transformation à la ferme, la traçabilité des produits et de bonnes pratiques d’hygiène (utilisation d’eau potable, mode de fabrication de conserves…)

3. La notification de maladies d’animaux. Les maladies réputées contagieuses doivent obligatoirement faire l’objet d’une notification auprès de la Direction des services vétérinaires. Il s’agit des maladies suivantes : fièvre aphteuse, peste bovine, peste des petits ruminants, maladie vésiculeuse du porc, fièvre catarrhale du mouton, maladie hémorragique épizootique des cerfs, clavelée et variole caprine, stomatite vésiculeuse, pestes porcines, dermatose nodulaire contagieuse et fièvre de la vallée du Rift. Par ailleurs, les maladies transmissibles à l’homme telles que la brucellose et la tuberculose doivent être également notifiées à la DSV.

4. L’interdiction d’utiliser certaines substances en élevage. En élevage, l’usage de certaines substances est strictement interdit, comme les thyréostatiques, les stilbènes, les dérivés des stilbènes, leurs sels et esters. Quant aux substances beta-agonistes et des substances à effet œstrogène, androgène ou gestagène, elles font l’objet d’un usage réglementé et ne peuvent être administrées que par ou sous la responsabilité thérapeutique ou zootechnique.

5. Les règles de prévention, de maîtrise et d’éradication des encéphalopathies spongiformes transmissibles. Afin de prévenir, de maîtriser et d’éradiquer les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), plusieurs mesures sont prévues dans le domaine de l’élevage, à savoir l’interdiction de certains aliments selon les espèces, comme les protéines animales pour les ruminants, de même que la notification à la DSV de tous cas pouvant laisser suspecter une EST.

 

Comment se déroulent les contrôles ?

Différents agents de l’Administration peuvent se rendre sur les exploitations selon la nature des mesures vérifiées dans le cadre des contrôles pilotés par la Direction de l’Agriculture et de la Forêt (DAF). Ainsi, les Services de la Protection des Végétaux vérifient les exigences environnementales et notamment la bonne utilisation des produits phytosanitaires et le respect des règles d’hygiène applicables aux productions végétales.

La Direction des Services Vétérinaires vérifie, quant à elle, le respect des exigences relatives à l’identification des animaux et à l’hygiène des produits agricoles et transformés d’origine animale.
Dans tous les cas, le contrôleur laisse à l’exploitant le compte rendu de visite comportant le détail de ses constats et l’exploitant dispose d’un délai de 10 jours pour faire part à la DAF de ses observations et de tout élément qu’il juge utile de porter à sa connaissance.




5. Prévention contre la Grippe Aviaire


Toutes les volailles doivent être déclarées

Si la Réunion échappe au confinement des volailles et à l’interdiction de tout marché ou exposition de volatiles, en revanche, tous les propriétaires de « bêtes à plumes », professionnels et particuliers, ont obligation de déclarer leurs animaux à la mairie.

Pas de panique ! Les spécialistes de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments ont classé la Réunion comme étant un département à risque faible ou nul, en ce qui concerne la menace de la grippe aviaire.

Deux raisons à cela : le nombre d’oiseaux migrateurs à transiter par la Réunion est très limité et l’importation de volatiles est strictement contrôlée.

Néanmoins, « le risque zéro n’existe pas même si la probabilité reste minime », indique-t-on du côté de la Direction des services vétérinaires.

Aussi, les autorités locales ont décidé de muscler les mesures de précaution. La préfecture a décidé de procéder à un recensement complet de la population de volatiles présente sur l’île.
Ainsi, tous les propriétaires de poules, de canards, oies, dindes, pintades et d’oiseaux d’ornements doivent déclarer leurs animaux en mairie. Cette obligation s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers, à partir du moment qu’ils détiennent des volatiles ne serait-ce que quelques mois. Seuls sont exempts de déclaration, les propriétaires d’oiseaux d’ornement qui restent en permanence enfermés au domicile.

Cette mesure vise à faciliter les interventions dans des secteurs précis, en cas de suspicion de contamination.

« En cas d’alerte, nous devons prendre des mesures de confinement dans un rayon de 3 km », précise-t-on à la DSV. « Cette localisation des animaux sera également très utile si une opération de vaccination doit se faire ».

A toutes fins utiles, ce recensement permettra, par ailleurs, de connaître plus précisément le nombre de volailles présentes sur l’île. Actuellement, c’est plutôt le flou dans ce domaine. Environ deux millions de volailles sont dénombrées dans la filière organisée. En revanche, la population présente chez les particuliers est difficilement estimable. L’élevage de volailles pour la consommation familiale ou, dans certains cas, pour arrondir les fins de mois, reste une forte tradition sur l’île, notamment dans les Hauts. Certaines sources avancent le chiffre de 600 000 volailles « la cour », sur le territoire…

Au niveau des importations, la vigilance est également renforcée. Chaque année, un million d’œufs et autant d’oisillons débarquent à la Réunion. Depuis le mois d’octobre dernier, ces produits proviennent exclusivement de métropole et de l’Union européenne, accompagnés d’un certificat d’origine et sont isolés pendant dix jours. Ce délai couvre la durée d’incubation de la maladie. De plus, les importateurs doivent déclarer leurs fournisseurs quinze jours à l’avance pour permettre une enquête préalable auprès des directions des services vétérinaires d’origine.

 

H.C.




4. Indemnisations Chikungunya


La mobilisation des acteurs économiques de l’île n’a pas été vaine puisque le gouvernement a confirmé son dispositif de soutien aux entreprises, victimes directement ou indirectement du chikungunya. Une mesure étendue aux exploitations agricoles, grâce à l’intervention de la Chambre d’Agriculture.

Le Fonds de secours exceptionnel s’adresse donc à l’ensemble des entreprises dont la baisse du chiffre d’affaires est supérieure à 20%, à partir du mois de février 2006 ou d’une baisse de rémunération pour les chefs d’entreprise individuelle supérieure à 15% par mois.

Le montant de l’indemnisation n’excédant pas 80% des pertes constatées dans la limite de 80 000 euros, au titre du premier semestre 2006.

Pour remplir leur dossier de demande d’indemnisation, les exploitants agricoles doivent s’adresser au service « Point-Vert » de la Chambre d’Agriculture où les conseillers se tiennent à leur disposition pour les aider dans leur démarche.




3. Fortes pluies et tempête DIWA


Plus de 22 millions de dégâts

Des cultures maraîchères totalement détruites, des productions fruitières fortement compromises, des parcelles de cannes en souffrance, sans oublier l’horticulture, le géranium et les chemins d’exploitation ravinés… Les pluies de février et la tempête Diwa ont causé d’importants dégâts en agriculture. Plus d’un millier d’agriculteurs sinistrés attendent avec impatience le versement d’indemnisations après le constat de pertes dressé par la Chambre d’Agriculture.

« 100% de perte, 100 000 pieds pourris, l’équivalent de 7 semaines de salaire. Il faut tout recommencer alors qu’on était sur le point de récolter ». Le cas de Noël Bègue, producteur de salades et de tomates à la Bretagne n’est pas isolé. Les salades de Fabrice Galmard, jeune agriculteur au Guillaume Saint-Paul, on subi le même sort. Idem pour les pommes de terre « toutes fendues » de Guillaume Morel, à la Plaine-des-Cafres. Les jeunes souches de cannes, récemment replantées par Willy Dorval, jeune agriculteur dans les Hauts de la Saline, ont été emportées par les eaux. Des prairies inondées qu’il faut relabourer et replanter, comme celles de Mickaël Coli-Jung-Ong, dans les Hauts de l’Ouest… L’énumération pourrait être longue…

« On sait que c’est la saison à risques et que c’est le risque du métier », lâche Noël Bègue. « Mais voir notre travail ainsi anéanti, c’est décourageant d’autant que nos créditeurs n’ont pas prévu ces cas de figure dans les contrats… »

Sans tarder, les services de la Chambre d’Agriculture se sont mobilisés pour dresser un bilan exhaustif des pertes.

Les dégâts les plus importants sont constatés sur les productions légumières, fruitières, horticoles et pour les cultures de géranium.

La plupart des maraîchers ont perdu pratiquement 100% de leurs récoltes dans des zones comme Dos d’Ane, la Bretagne, Salazie, le Tampon ou encore Petite-Ile et Saint-Joseph.

Pour les fruits, les bananiers ont fortement souffert, notamment du côté de Saint-Benoit et Sainte-Rose, ainsi que les parcelles d’ananas des Hauts de Saint-Denis.

Des pertes substantielles ont été constatés en géranium, sur les plantations de vanille ainsi que sur la canne, dans l’Est et les Hauts de Saint-Paul.

En élevage, des pertes de cheptels ont également été enregistrées, notamment de nombreux poulets dans le cirque de Salazie.

Les chemins d’exploitation ont également fortement souffert. Sur l’ensemble de l’île, pas moins de 226 km de chemins linéaires ont été détruits totalement ou en grande partie : 59 km dans le Sud, 82 km dans l’Ouest et 84 km dans le Nord et l’Est, ont constaté les techniciens de la Chambre.

Précipitations records

C’est la conséquence de l’abondance des précipitations qui se sont abattues sur toute l’île. Abondance record qui a été enregistrée dans certains secteurs, les 17 et 18 février : 512 mm à la Plaine des Palmistes, 639 à Bellevue Bras-Panon, 841 mm à Salazie, 444 à Bois de Nèfles Saint Paul et même 195 au Port.

Scénario catastrophe qui s’est renouvelé, quelques jours plus tard, avec la tempête Diwa, qui a déversé, en plus des vents intenses, plus de 2 200 mm de pluie dans le cirque de Salazie, 979 mm à la Plaine-des-Cafres, 910 mm à Bras-Panon, 844 mm à Sainte-Marie, 499 mm à Saint-André…

Au final, la Chambre d’Agriculture a évalué le montant des pertes à 16,6 millions d’euros, dont 14,9 au titre des pertes de fonds (serres, bâches, érosion de terrain, souches de cannes…). A cela vient s’ajouter 5,6 millions d’euros pour remettre en état les chemins d’exploitation endommagés.

Face l’ampleur des dégâts dressés par la Chambre d’Agriculture, le comité départemental d’expertise des calamités agricoles s’est réuni, dès le 15 mars, pour examiner le dossier et le transmettre, aussitôt, à Paris, et les professionnels espèrent que l’état de catastrophe naturelle soit déclaré.

En attendant cette possible décision, un arrêté du préfet, du 24 mars, a reconnu zone sinistrée la zone des Hauts du département pour les productions légumières, fruitières, horticoles et pour les cultures de géranium, de cannes et l’élevage.

La situation des exploitations confrontées à des dégâts significatifs, localisés en dehors de la zone déclarée sinistrée, sera examinée au cas par cas.

Tous les producteurs sinistrés comptent, aujourd’hui, sur la DAF et l’Etat pour être indemnisés au plus vite, à partir des dossiers qu’ils ont rempli avec l’aide des techniciens de la Chambre d’Agriculture. Il y a urgence, car un nombre important d’exploitations est à remettre en activité le plus rapidement possible pour assurer leur avenir.

H. Cailleaux

 

Des mesures d’urgence du Département

Reçus à leur demande par le Département, le syndicat des Jeunes Agriculteurs, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture ont obtenu de la collectivité des mesures d’urgence pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés par les fortes pluies. A savoir :
- la mise à disposition de bons d’engrais pour tous les agriculteurs afin de nourrir les sols suite au fort lessivage,
- des aides à l’achat de serres pour les maraîchers
- la mise à disposition de bons d’aliments pour compléter le fourrage manquant pour les éleveurs
- la mise à disposition de pédiluves pour durcir les sabots des animaux qui ont séjournées trop longtemps dans un milieu humide
- des aides à la réfection des chemins d’exploitation pour accéder au plus vite aux parcelles.




2. La charte "jeunes agriculteurs" avec GROUPAMA


Ils sont, cette année, 48 à avoir signé la charte « jeunes agriculteurs » avec Groupama. C’est dire si ce coup de pouce offert par l’établissement d’assurance et, depuis peu, bancaire est apprécié.

Le président Didier Foucque rappelle, non sans raison, que « si Groupama s’est diversifié et accueille aujourd’hui des sociétaires de tous les secteurs d’activité, la société n’oublie pas ses racines et notamment les jeunes qui font preuve de beaucoup de courage en s’installant en agriculture ».

En faveur de ces jeunes qui entre dans le métier d’agriculteur, Groupama offre des conditions avantageuses pour les aider à franchir cette phase délicate qu’est l’installation : des réductions de cotisations dégressives sur 5 ans, un diagnostic d’assurance, une aide de 300 euros pour la sécurisation de l’exploitation, une prime naissance de 264 euros, entre autre…

Nicolas Alaguirissamy, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs salue « cette action concrète de Groupama qui a su mettre en place des mesures spécifiques et conventionnelles en faveur des jeunes agriculteurs de l’île ».




1. OCM Sucre : L’horizon s’est éclairci


Les planteurs réunionnais peuvent travailler l’esprit tranquille.

Les planteurs réunionnais peuvent travailler l’esprit tranquille. Leur niveau de revenu est préservé avec des compensations qui viendront pallier la baisse du prix du sucre. L’horizon est dégagé pour les neuf prochaines campagnes sucrières.

Après de longs mois de négociations, les 25 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne se sont accordés, fin novembre, sur la teneur de la réforme de l’OCM Sucre.

Cette réforme jugée « radicale » a été arrêtée après des « négociations difficiles » selon les observateurs, du fait du contexte de la mondialisation et de la libéralisation des marchés.

Rappelons que l’Union européenne a été condamnée, récemment, par l’Organisation mondiale du commerce pour dumping à l’exportation de sucre.

Les objectifs poursuivis à travers cette réforme sont de diminuer la production européenne de sucre, excédentaire, de baisser le prix du sucre – actuellement trois fois supérieur aux cours mondiaux - dans l’Union européenne et de supprimer à terme les subventions aux exportations.

Principale mesure de la réforme et principal enjeu des négociations, le prix du sucre va baisser de 36% ; baisse étalée sur une période de 4 ans, et progressive ; à savoir – 5% les deux premières années pour s’accentuer véritablement en 2008-2009 avec – 17%… et atteindre les – 36% la quatrième année.

Par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne qui prévoyait - 39%, la baisse du prix garanti est donc un peu inférieure.

Avec cette nouvelle donne, des pays producteurs européens – les moins compétitifs - vont stopper volontairement leur production de sucre contre un gros chèque de compensation, prévu par le fonds de restructuration.

La France, en revanche, devrait bénéficier de la réforme en raison de sa meilleure compétitivité.

90 millions pour les DOM.
Pour ce qui concerne plus particulièrement la Réunion, la Commission européenne a autorisé le gouvernement français à accorder une aide annuelle de 90 millions aux producteurs des départements d’outre-mer, au lieu de 60 millions actuellement, en plus de l’aide communautaire (44 millions d’euros) et le maintien de l’aide à l’écoulement pour les producteurs (15 millions d’euros).

« Cet accord respecte les objectifs que la France s’étaient fixés », estime le ministre français de l’Agriculture, Dominique Bussereau. L’Etat français a effectivement obtenu, lors des ultimes négociations, le feu vert pour les 30 000 euros qui manquaient pour assurer une compensation intégrale de la baisse du prix du sucre.

Au final, on baisse moins et on compense un peu plus. De quoi éclaircir l’horizon des acteurs de la filière canne jusqu’en 2014-2015, échéance de ce nouveau règlement sucrier.

Reste à définir la répartition de cette enveloppe de 90 millions d’abord entre les différents DOM puis localement, sachant que les crédits devraient transiter par le Poséidom. Dans le même temps, les discussions sur la prochaine convention canne vont s’engager pour fixer la future structure du prix de la canne. « Compte tenu du nouveau règlement sucrier qui va courir jusqu’en 2014-2015, la nouvelle convention canne ne devrait pas être quinquennale comme les précédentes mais, en principe, fixer les règles pour les neuf prochaines saisons », estime Xavier Thiéblin, le PDG du Groupe Quartier Français.

La filière a neuf campagnes pour préparer une stratégie à moyen et long terme et faire que la canne à sucre reste pour longtemps encore le pivot de notre agriculture et de notre économie. Dès à présent, il s’agit de préserver le foncier agricole, réactiver les replantations, développer l’irrigation et la mécanisation, et d’aider les planteurs à réduire leurs coûts de production.

H. Cailleaux.

 

Ce qu’ils en pensent…

Guy Derand (président de la Chambre d’Agriculture) : « La baisse européenne du prix du sucre est plus faible que prévue initialement et les compensations seront plus importantes.

L’Etat français est effectivement autorisé à verser des aides permettant de compenser intégralement le prix de la canne jusqu’en 2014. Il faut saluer la mobilisation des principaux acteurs de la filière et de parlementaires qui a permis au ministre de l’Agriculture de défendre au mieux les intérêts des DOM. Si Bruxelles n’avait écouté que les discours misérabilistes de certains, on n’aurait sûrement pas obtenu ces décisions qui rassurent aujourd’hui la profession. Maintenant, les planteurs, qui étaient dans l’expectative depuis deux ans, vont pouvoir relancer leur activité et augmenter leur volume de production. Dès à présent, nous devons penser à l’après 2014, à travers un plan de relance globale de la filière. Et je demande, à nouveau, aux pouvoirs publics de veiller à ce que la stabilité des surfaces agricoles garantisse et accompagne le développement économique de la filière canne-sucre ».

Jean-Bernard Hoarau (président de la FDSEA) : « C’est mieux que ce qui avait été annoncé et l’on peut parler de confiance retrouvée, mais il faut rester prudent tant que toutes ces mesures n’auront pas été déclinées officiellement. J’en appelle également à la constitution d’une véritable interprofession dans la filière dans laquelle seraient réunis les planteurs, les usiniers ainsi que les transporteurs, les chercheurs, les importateurs de produits phytosanitaires ».

Nicolas Alaguirissamy (Jeunes Agriculteurs) : « Nous avions des raisons d’espérer, aujourd’hui nous avons des raisons d’y croire ! La possibilité d’une compensation intégrale pour nos planteurs est une véritable victoire syndicale. Elle est l’aboutissement d’une très forte mobilisation de notre réseau et de tous les acteurs de la filière et des élus.

Le lobbying mené à Bruxelles, le consensus de la filière locale, la visite de la commission agricole européenne en mai, et les différentes interpellations de ministres (Gaymard, Girardin, Baroin, Sarkozy, Bussereau) et de nos députés européens ont été des facteurs déterminants de la réussite de notre objectif de pérennité de la filière canne.

Fort de ce succès, et du soutien général de tous les décideurs de l’île, il nous reste maintenant à concrétiser l’avenir de la filière. Le maintien d’un niveau de prix par les compensations est une bonne chose, mais l’avenir de la filière se jouera aussi sur le terrain par un engagement politique majeur des collectivités locales et territoriales sur le foncier. Toutes les compensations du monde n’empêcheront jamais la disparition du foncier agricole sans une volonté politique de protection de la sole cannière. Saurons-nous être tous aussi soudés pour s’engager dans ce prochain combat ? ».




1. La Réunion Agricole









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