Les productions végétales

LA CANNE À SUCRE

La filière Canne-Sucre-Rhum-Energie assure un rôle majeur dans l’activité économique de l’île. Elle constitue, de fait, la première source d’emploi agricole à La Réunion et représente la culture « pivot » incontournable pour la solidité financière des exploitations agricoles et pour leur appui à la diversification. La canne à sucre reste aussi une production d’exportation en matière de sucre et de rhum. Correspondant à 57% de la surface agricole utile, avec plus de 3100 exploitants qui consacrent tout ou partie de leur activité à la canne. La filière Canne s’appuie également sur deux usines – que sont Bois-Rouge pour la côte au vent et le Gol pour la micro-région Sud – qui présentent une capacité respective de traitement de l’ordre d’un million de tonnes de cannes. La filière exploite aussi un terminal sucrier pour l’exportation du sucre vers l’Europe, notamment, ainsi que trois distilleries pour la fabrication des rhums qui obtiennent chaque année de prestigieuses reconnaissances. La valorisation énergétique du co-produit bagasse est également prise en compte à travers la production des deux centrales thermiques durant les campagnes sucrières. L’objectif : alimenter les usines en vapeur et électricité et participer aux besoins en électricité du département.

  • Surface totale cultivée : 24 000 hectares
  • Nombre d’exploitants : 3 100
  • Tonnage campagne 2017 : 1,86 millions
  • Production de sucre : 200 000 tonnes
  • Chiffre d’affaire : 135 millions d’euros

LES FRUITS

La production fruitière réunionnaise couvre près de 70% des besoins en consommation de la population. Cependant, les récoltes de fruits peuvent fortement varier d’une année à l’autre, en fonction des conditions climatiques et autres aléas. Preuve en est de la filière Letchis qui a subi en 2017 une des saisons les moins prolifiques de ces dernières décennies. A La Réunion, l’ananas est le fruit roi devant la banane qui a subi d’importantes pertes avec les phénomènes météorologiques du premier semestre 2018. Viennent ensuite les agrumes, les letchis et la mangue. Jusqu’à maintenant, l’importation concernait quasi exclusivement des fruits dits tempérés avec les pommes, les kiwis, le raisin, les poires ou encore les agrumes d’Afrique du Sud et d’Israel. Du côté des exportations de fruits, l’ananas Victoria est le produit phare devant la mangue José, les fruits de la passion et les letchis en fonction du tonnage annuel.

  • Surface totale cultivée : 2 900 hectares
  • Nombre d’exploitants : 2 500
  • Production locale : 30 000 tonnes
  • Importations : 16 100 tonnes
  • Exportations : 2 100 tonnes

LES LÉGUMES

La production réunionnaise de légumes et de tubercules a toujours été très présente sur l’ensemble de l’île et, notamment, dans le Sud. Si la production locale permet de couvrir près de 70% des besoins locaux là aussi, elle se compose essentiellement de légumes frais à 85% et de tubercules, racines et bulbes à 14,5%. Les principaux bassins de production se situent dans le Nord mais aussi le cirque de Salazie sans oublier la zone comprise entre les Hauts de l’Ouest et Saint-Joseph via le Tampon où les conditions sont les plus favorables. Du fait de sa perméabilité face aux aléas climatiques, comme cela a été observé avec Berguitta, Dumazile et Fakir, la production locale reste fluctuante mais progresse globalement quand les conditions de culture ne sont pas pénalisantes. Dans l’île, la tomate arrive en tête des productions devant les salades et brèdes ainsi que le chou et le chouchou. A eux seuls, ces produits représentent les deux tiers de la production péï. Il n’en demeure pas moins que les importations concernent majoritairement les oignons, les haricots, les carottes et navets ou encore les pommes de terre. La carotte réunionnaise gagne peu à peu des parts de marchés localement face aux importations de Chine.

  • Surface totale cultivée : 2 200 hectares
  • Nombre d’exploitants : 2 950
  • Production locale : 45 000 tonnes
  • Importations : 22 540 tonnes
  • Exportations : 31 tonnes

HORTICULTURE

Avec la création d’une marque collective «Plant’Pei» sous l’initiative de l’Union des Horticulteurs et Pépiniéristes de La Réunion (UHPR), la filière horticole tente de se reconstruire face à des importations massives et des ventes sauvages. Cependant, la filière connait un certain dynamisme à travers une spécialisation croissante, une maîtrise technique des horticulteurs et des produits de meilleure qualité. La filière horticole réunionnaise a devant elle un défi commercial majeur à relever face aux importations massives lors des moments clés de l’année. De leur côté, les pépiniéristes parviennent à tirer leur épingle du jeu. Les manifestations à caractère horticole présentent, de ce fait, un enjeu primordial, pour la filière.

  • Surface totale cultivée : 100 hectares
  • Nombre d’exploitants : 240
  • Tonnage : 15 millions de tiges (Rose, Lys, Gerbera, Anthurium…)

LA VANILLE

La coopérative Provanille fédère une centaine de producteurs de vanille, situés dans l’Est de l’île, de Sainte-Suzanne à Saint-Joseph. Selon cet organisme, la structure a pour vocation «l’encadrement technique, l’animation et le développement de la filière». En d’autres termes, Provanille achète, collecte, transforme et commercialise la production de seS adhérents. Aujourd’hui, 90% de la production s’effectue en culture intensive, en milieu forestier ou sous-bois. La superficie moyenne d’une exploitation locale est de 1,7 hectares. Première culture reconnue en agroforesterie à La Réunion, la vanille se distingue, notamment, par sa qualité certifiée en agriculture biologique. Les zones de production sont essentiellement situées sur la côte au vent. Une candidature à l’indication géographique protégée (IGP) est actuellement en cours concernant la «Vanille Bourbon de l’île de La Réunion».

  • Surface totale cultivée : 180 hectares
  • Nombre d’exploitants : 120
  • Tonnage : 20 tonnes de vanille verte / 4 tonnes de vanille noire

PLANTES AROMATIQUES ET MÉDICINALES (PAPAM)

A La Réunion, les plantes à parfum servent à la fabrication d’huiles essentielles et hydrolats. Selon la DAAF, la production d’huile essentielle de géranium est fixée à 710 kilos en 2015, soit 30 hectares en production pour 40 exploitants. La filière est majoritairement composée de petits producteurs (moins de 10 kilos) qui assurent les deux tiers de la production. Une seule structure de collecte existe : la Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon (CAHEB). Quant aux plantes médicinales, 10 plantes de La Réunion ont été inscrites à la pharmacopée française, ce qui permet une reconnaissance et utilisation officielles des savoir-faire locaux. Ces deux structures sont regroupées au sein de l’Association départementale des plantes à parfum aromatiques et médicinales (ADPAPAM).

  • Surface totale cultivée : 150 hectares
  • Nombre d’exploitants : 100
  • Production de géranium : 710 kilos d’huile essentielle