20. Restauration Collective

Aujourd’hui, la part des circuits courts, c’est-à-dire des produits locaux dans la restauration collective est trop faible. Pour les producteurs réunionnais, l’accessibilité aux marchés publics est un pari important qui vise à la fois la qualité des produits, la santé publique et la valorisation économique de notre territoire...

Une priorité pour le développement de notre agriculture

 

Aujourd’hui, la part des circuits courts, c’est-à-dire des produits locaux dans la restauration collective est trop faible. Pour les producteurs réunionnais, l’accessibilité aux marchés publics est un pari important qui vise à la fois la qualité des produits, la santé publique et la valorisation économique de notre territoire.

 
En 2006, le constat avait été fait que les agriculteurs locaux n’accédaient que très rarement au marché de la restauration collective et le syndicat CGPER avait attiré l’attention des autorités lors d’une distribution de fruits aux élèves de l’école primaire de Quartier-Français.
Dans le prolongement de cette action, le Département a fait de la restauration collective une priorité en organisant une première table ronde où il était apparu que l’agriculture réunionnaise et les gestionnaires de la restauration collective étaient deux mondes qui s’ignoraient alors même qu’ils avaient des intérêts communs :
 

  • la restauration collective est disposée à s’approvisionner toute l’année en produit de qualité et de manière régulière.
  • les agriculteurs réunionnais veulent développer leur production et avoir un écoulement. 

La restauration collective, au niveau des établissements publics réunionnais, représente plus de 170 000 repas par jour, se décomposant de la manière suivante : 

  • 110 lycées et collèges pour 44 000 repas par jour,
  • 4 hôpitaux pour 4 400 repas par jour,
  • 24 communes qui desservent les écoles primaires et maternelles pour 120 000 repas par jour,
  • 3 centres pénitenciers pour 1 200 repas par jour,
  • 2 centres universitaires pour 1 500 repas par jour.

Estimation des besoins annuels en restauration collective

 

 

Désignation

 

Quantité

Viande d’agneau ou cabri

100 tonnes

Viande de bœuf surgelée

85 t

Viande de porc

192 t

Volailles, canards, pintades surgelés

535 t

Poulets fumés

38 t

Charcuterie pur porc

100 t

Saucisses, boucané pur porc

207 t

Charcuterie 100 % volaille

55 t

Volailles, canards, pintades, dindes et lapins frais

320 t

Viande fraîche de porc

44 t

Viande fraîche de boeuf

30 t

Plateau de 30 oeufs

113 000 unités

Œufs liquides

82 t

Œufs durs écalés

594 000 u

Lait

115 000 litres

Yaourts frais

3 152 000 u

Miel (barquette 20 grs)

90 000 u

Sucre roux

30 t

Fruits et légumes

2 800 t

 
Le volume de la production locale commercialisée vers les collectivités reste pourtant très faible, hormis pour les œufs :
 

  • 5 % de la production de porcs (550 tonnes).
  • 10 % de la production de poulets (950 tonnes).
  • 2 % de la production de boeufs (36 tonnes).
  • 75 % de la production d’ovoproduits (oeufs durs et liquide).
  • 30 % du lait transformé à la Réunion.
  • 7 % de la production de fruits et légumes (480 tonnes). 

Malgré ces faibles pourcentages, il est à noter que toutes les collectivités souhaitent avoir le maximum de produits locaux (végétaux et produits carnés) pour la composition des différents menus à condition que les producteurs locaux s’adaptent aux règles des appels d’offres et respectent leur engagement au niveau du contrat d’approvisionnement en qualité, quantité et prix ; ce qui réclame une organisation sans faille de la part des producteurs locaux et un assouplissement du Code des Marchés Publics.


Un site internet 

 Afin de mettre en relation les gestionnaires de la restauration collective et les agriculteurs, la Chambre d’Agriculture, avec le soutien du Département et de l’Etat, va mettre en place, d’ici la fin de l’année, un site internet. L’objectif de cette plate-forme d’échanges sera de mettre en relation les producteurs locaux et les acheteurs publics afin de faciliter l’intégration de la production locale au niveau des différents appels d’offres.
Depuis 2007, il y a eu une prise de conscience et le travail commence à porter ses fruits. Pour exemple, le Groupement de Commande de Denrées Alimentaires (GCDALA) du Lycée Antoine de Saint-Exupéry, aux Avirons, qui confectionne chaque jour plus de 45 000 repas pour les lycées et écoles a augmenté sa commande vis-à-vis de la production locale en fruits, légumes et produits carnés :

- 1 547 700 euros en 2009

- 1 767 700 euros en 2010

- 1 808 110 euros en 2011

Ces efforts doivent être poursuivis. Les planteurs et éleveurs de la Réunion se sont regroupés et investissent pour proposer une large gamme de produits de 4e gamme qui vont de l’ananas en tranche au lapin désossé. Ces exemples montrent que l’agriculture réunionnaise possède une capacité d’adaptation qui ne demande qu’à satisfaire le marché local.
La filière fruits et légumes, considérée comme la moins organisée, est aujourd’hui dans une dynamique de regroupement et en capacité de répondre aux attentes de la restauration collective.
Le travail engagé doit être étendu et faire l’objet d’une appropriation par l’ensemble des acteurs économiques et politiques du département. Une volonté politique permettrait, demain, de couvrir 40 % de ces besoins et favoriserait l’installation de plus de 500 familles d’agriculteurs.
Cet objectif va dans le sens des conclusions des Etats Généraux pour l’outre-mer, à savoir :
 

  • Accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics et accompagnement à l’export.
  •  Accroissement de la part de la production locale dans la consommation locale de produits agricoles. 

Le 31 août 2010, le Préfet de la Réunion a installé « un conseil supérieur de la commande public », présidé par Margie Sudre.
La Chambre d’Agriculture demande que ce groupe de travail qui a, l’année dernière, axé ses efforts sur le bâtiment compte tenu de la crise subie par ce secteur, voit ses compétences étendues au marché de la restauration collective en devenant une instance de concertation et de décisions. Cette instance devrait regrouper les agriculteurs, les gestionnaires de la restauration collective, le commissaire au développement endogène, sous l’autorité de l’Etat et du Conseil Général qui a bien compris l’importance de ce dossier.

 

Dossier réalisé
par Hervé Cailleaux et Eric Soundrom