Contexte et organisation

L’élevage constitue dans les Départements d’Outre-Mer (DOM) une activité fréquemment qualifiée de « diversification », qui s’est progressivement développée suite aux réformes foncières survenues dans les années 1970-1980. Son rôle dans l’emploi est aujourd’hui non négligeable notamment dans des départements où le chômage se situe entre 20 et 30% de la population active (Source INSEE, 2010).

Les exploitations agricoles des DOM sont caractérisées par leur extrême hétérogénéité de situations géographiques et économiques ainsi que par leur taille et leurs stratégies plus ou moins intégrées dans les organisations de filières. Cette diversité doit cependant s’accorder avec une double nécessité :

  • Au niveau de l’exploitant d’optimiser son système
  • Au niveau des organisations locales de déterminer des stratégies de développement et des niveaux d’aides publiques appropriés.

Afin de répondre à ces besoins, il importe de se doter d’outils permettant de réunir et d’analyser des informations relatives aux situations existantes.
Par ailleurs, le développement des filières d’élevage dans les DOM est contraint par des handicaps par rapport aux conditions observées en métropole. L’insularité de notre île génère des coûts de production élevés dûs aux prix des intrants et à un manque de compétitivité par rapport aux produits importés.
Pour lever ces contraintes, l’ODEADOM et l’Europe mettent en place un certain nombre d’actions à travers le programme de soutien aux diverses filières animales
Une partie d’entre eux constitue le Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité (POSEI). Ce programme, portant sur des mesures en faveur de l’agriculture, comporte dans son chapitre VI « Réseaux de références », une mesure relative à la mise en place dans 4 DOM (la Réunion, la Martinique, la Guyane et la Guadeloupe) des dispositifs « d’élaboration et de collecte de références technico-économiques sur les systèmes de productions animales » et « de suivi-évaluation des filières animales ». Le projet « Réseaux de références » vise à élaborer et diffuser dans chacun des DOM des références relatives au fonctionnement technique et aux performances économiques des systèmes d’exploitation avec élevage.
La crise sociale survenue dans les DOM au cours du 1er trimestre 2009 a confirmé le souhait d’un renforcement des moyens consacrés au développement endogène. De plus, les conclusions des Etats Généraux de l’Outre-Mer ont débouché sur un programme de développement et de soutien des filières agricoles pour accroître la part de production locale dans la consommation locale. Pour le secteur de l’élevage, cela s’est traduit par la recherche d’une valorisation maximale des ressources locales. Le travail engagé par les Réseaux de références ans s’inscrit parfaitement dans ce nouveau contexte.

Organisation du Réseau de Références Elevage de La Réunion

Les « Réseaux de références » s’inspirent de l’expérience et des méthodes du dispositif Réseau d’Elevage pour le Conseil et la Prospective (RECP), développé par l’Institut de l’Elevage depuis une vingtaine d’années en métropole.

La Chambre d’Agriculture de La Réunion s’est vue confiée la maîtrise d’œuvre dans le département par le comité de pilotage national du projet. Elle s’engage donc à organiser le dispositif de Réseau de fermes de références en mettant à disposition des éleveurs du réseau un appui technique rapproché. Pour ce faire, la Chambre d’Agriculture a affecté une équipe composée de techniciens en charge des suivis des exploitations et une ingénieur animatrice et coordinatrice du projet en charge aussi des publications des résultats et des référentiels.

Les exploitations du Réseau de Références Elevage de La Réunion sont représentatives de 13 différents types de systèmes d’exploitation avec élevage et sont suivies par 8 conseillers dont 6 techniciens du département Production de la Chambre d’Agriculture et 2 techniciens des Organisations de Producteurs (Coopérative des Producteurs de Lapins de la Réunion - CPLR, Avipôle). Le Département « Ressource, Observatoire, Méthode, Etudes » (DROME) de la Chambre d’Agriculture se charge d’encadrer le Réseau avec une chargée de mission qui travaille en binôme avec l’animateur technique et aussi avec les conseillers de suivi.

Le Réseau porte bien son nom car il amène un travail de collaboration entre la Chambre d’Agriculture, les organismes nationaux cités auparavant, les coopératives, les centres de gestion tels que le CER France, et bien d’autres organismes (Association Réunionnaise de Pastoralisme - ARP, Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de La Réunion – DAAF,…).

La démarche s’appuie sur un suivi technico-économique de près de 70 exploitations réunionnaises avec élevage (bovin lait, bovin viande, porc, volaille et lapin).

Financement

L’Institut de l’Elevage (IE) perçoit des concours financiers de l’ODEADOM relatifs aux travaux conduits par la chambre d’Agriculture et les autres partenaires locaux.

L’IE reverse donc ces concours financiers à la Chambre d’Agriculture (maître d’œuvre local) en fonction des activités réalisées.

Dans le cas de La Réunion, la Chambre d’Agriculture reverse une partie de l’indemnisation pour les travaux techniques aux partenaires locaux (CPLR, Avipôle, CER France) en fonction des activités réalisées.