3. Fortes pluies et tempête DIWA

Plus de 22 millions de dégâts. Des cultures maraîchères totalement détruites, des productions fruitières fortement compromises, des parcelles de cannes en souffrance, sans oublier l’horticulture, le géranium et les chemins d’exploitation ravinés...

Plus de 22 millions de dégâts

Des cultures maraîchères totalement détruites, des productions fruitières fortement compromises, des parcelles de cannes en souffrance, sans oublier l’horticulture, le géranium et les chemins d’exploitation ravinés… Les pluies de février et la tempête Diwa ont causé d’importants dégâts en agriculture. Plus d’un millier d’agriculteurs sinistrés attendent avec impatience le versement d’indemnisations après le constat de pertes dressé par la Chambre d’Agriculture.

« 100% de perte, 100 000 pieds pourris, l’équivalent de 7 semaines de salaire. Il faut tout recommencer alors qu’on était sur le point de récolter ». Le cas de Noël Bègue, producteur de salades et de tomates à la Bretagne n’est pas isolé. Les salades de Fabrice Galmard, jeune agriculteur au Guillaume Saint-Paul, on subi le même sort. Idem pour les pommes de terre « toutes fendues » de Guillaume Morel, à la Plaine-des-Cafres. Les jeunes souches de cannes, récemment replantées par Willy Dorval, jeune agriculteur dans les Hauts de la Saline, ont été emportées par les eaux. Des prairies inondées qu’il faut relabourer et replanter, comme celles de Mickaël Coli-Jung-Ong, dans les Hauts de l’Ouest… L’énumération pourrait être longue…

« On sait que c’est la saison à risques et que c’est le risque du métier », lâche Noël Bègue. « Mais voir notre travail ainsi anéanti, c’est décourageant d’autant que nos créditeurs n’ont pas prévu ces cas de figure dans les contrats… »

Sans tarder, les services de la Chambre d’Agriculture se sont mobilisés pour dresser un bilan exhaustif des pertes.

Les dégâts les plus importants sont constatés sur les productions légumières, fruitières, horticoles et pour les cultures de géranium.

La plupart des maraîchers ont perdu pratiquement 100% de leurs récoltes dans des zones comme Dos d’Ane, la Bretagne, Salazie, le Tampon ou encore Petite-Ile et Saint-Joseph.

Pour les fruits, les bananiers ont fortement souffert, notamment du côté de Saint-Benoit et Sainte-Rose, ainsi que les parcelles d’ananas des Hauts de Saint-Denis.

Des pertes substantielles ont été constatés en géranium, sur les plantations de vanille ainsi que sur la canne, dans l’Est et les Hauts de Saint-Paul.

En élevage, des pertes de cheptels ont également été enregistrées, notamment de nombreux poulets dans le cirque de Salazie.

Les chemins d’exploitation ont également fortement souffert. Sur l’ensemble de l’île, pas moins de 226 km de chemins linéaires ont été détruits totalement ou en grande partie : 59 km dans le Sud, 82 km dans l’Ouest et 84 km dans le Nord et l’Est, ont constaté les techniciens de la Chambre.

Précipitations records

C’est la conséquence de l’abondance des précipitations qui se sont abattues sur toute l’île. Abondance record qui a été enregistrée dans certains secteurs, les 17 et 18 février : 512 mm à la Plaine des Palmistes, 639 à Bellevue Bras-Panon, 841 mm à Salazie, 444 à Bois de Nèfles Saint Paul et même 195 au Port.

Scénario catastrophe qui s’est renouvelé, quelques jours plus tard, avec la tempête Diwa, qui a déversé, en plus des vents intenses, plus de 2 200 mm de pluie dans le cirque de Salazie, 979 mm à la Plaine-des-Cafres, 910 mm à Bras-Panon, 844 mm à Sainte-Marie, 499 mm à Saint-André…

Au final, la Chambre d’Agriculture a évalué le montant des pertes à 16,6 millions d’euros, dont 14,9 au titre des pertes de fonds (serres, bâches, érosion de terrain, souches de cannes…). A cela vient s’ajouter 5,6 millions d’euros pour remettre en état les chemins d’exploitation endommagés.

Face l’ampleur des dégâts dressés par la Chambre d’Agriculture, le comité départemental d’expertise des calamités agricoles s’est réuni, dès le 15 mars, pour examiner le dossier et le transmettre, aussitôt, à Paris, et les professionnels espèrent que l’état de catastrophe naturelle soit déclaré.

En attendant cette possible décision, un arrêté du préfet, du 24 mars, a reconnu zone sinistrée la zone des Hauts du département pour les productions légumières, fruitières, horticoles et pour les cultures de géranium, de cannes et l’élevage.

La situation des exploitations confrontées à des dégâts significatifs, localisés en dehors de la zone déclarée sinistrée, sera examinée au cas par cas.

Tous les producteurs sinistrés comptent, aujourd’hui, sur la DAF et l’Etat pour être indemnisés au plus vite, à partir des dossiers qu’ils ont rempli avec l’aide des techniciens de la Chambre d’Agriculture. Il y a urgence, car un nombre important d’exploitations est à remettre en activité le plus rapidement possible pour assurer leur avenir.

H. Cailleaux

 

Des mesures d’urgence du Département

Reçus à leur demande par le Département, le syndicat des Jeunes Agriculteurs, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture ont obtenu de la collectivité des mesures d’urgence pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés par les fortes pluies. A savoir :
- la mise à disposition de bons d’engrais pour tous les agriculteurs afin de nourrir les sols suite au fort lessivage,
- des aides à l’achat de serres pour les maraîchers
- la mise à disposition de bons d’aliments pour compléter le fourrage manquant pour les éleveurs
- la mise à disposition de pédiluves pour durcir les sabots des animaux qui ont séjournées trop longtemps dans un milieu humide
- des aides à la réfection des chemins d’exploitation pour accéder au plus vite aux parcelles.